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Street art, l’appel de la rue !

By 28 janvier 2015 septembre 25th, 2015 No Comments

La raison d’être du street art enfin expliquée

Nous côtoyons tous au quotidien le street art. On l’aperçoit, le voit, le regarde, l’examine, le dénigre ou l’apprécie. Bien que nos avis divergent sur ces inscriptions monochromes ou colorées, nous ne restons pas insensibles à sa présence. Intégré au paysage urbain depuis les années soixante-dix, le street art est à l’origine une forme de contestation, une rébellion. Il naît dans les rues de New-York et va se propager par la suite à travers les capitales du monde entier.

New-York / 70s : la Genèse

Lorsqu’il apparaît début soixante-dix dans la Grosse Pomme, les « writers » (graffeurs) utilisent des moyens basiques comme le feutre ou la bombe de par leur praticité d’utilisation, de transport et de dissimulation. Ces premiers graffs traduisent une envie de se « montrer au monde ». Les writers peignent ou dessinent leur blase (pseudo qu’ils s’attribuent afin de garder l’anonymat de leur nom usuel) sur tous les murs de la ville, de plus en plus gros, sur des surfaces de plus en plus risquées (ponts, trains, toits, panneaux publicitaires, …). L’idée d’origine est d’être le plus vu à travers la ville peu importe les dangers puisqu’ils font parti intégrante de leur (future) renommée. Le style et le lettrage du graffiti ne sont pas à négliger non plus, en effet, ils représentent le talent du writer et lui sont propres.

Taki 183, le pionnier 

Le writer emblématique des années soixante-dix signe sous le blase Taki 183. Taki, de son vrai nom Demetaki est coursier à New-York et laisse une trace de son passage après la livraison de ses clients en signant au marqueur de façon simple, rapide et efficace « Taki1 83 ». Taki est le diminutif de son prénom tandis que le 183 désigne le numéro de la rue dans laquelle il vivait à l’époque : la 183e à Washington Heights. C’est lui qui ouvrira la porte au florilège d’artistes que l’on connaît aujourd’hui.

MyArtMakers - Street-Art - Taki 183-New York-1970

MyArtMakers – Street-Art – Taki 183-New York-1970

MyArtMakers - Street-Art - Tags de Taki 183-estimés entre 20 et 30 000€-vendus aux enchères 56 000€ en février 2012

MyArtMakers – Street-Art – Tags de Taki 183-estimés entre 20 et 30 000€-vendus aux enchères 56 000€ en février 2012

 

Jean-Michel Basquiat & Keith Haring : de la rue à la galerie

Jean-Michel Basquiat et ses amis prennent possession des murs de New-York dès 1976. Ils commencent à graffer à Manhattan des messages tels que « Like An Ignorant Easter Suit » (tel un costume de Pâques ignorant) portants la signature SAMO©, acronyme de « same old shit ». À la même époque, Keith Haring recouvre les murs de ses Radiant Babies.

En 1980, Jean-Michel Basquiat incarne son propre rôle dans le film indépendant Downtown 81 d’Edo Bertoglio, écrit et produit par Glenn O’Brien. C’est O’Brien qui provoquera la rencontre entre le street artist et Andy Warhol, dont la réputation n’était déjà plus à faire. Basquiat, Warhol & Haring évoluent à East Village, et notamment au Club 57, lieu de la concentration avant-gardiste de l’époque. En juin de la même année, Basquiat participe au Time Square Show dans le cadre d’une exposition collective commanditée par Colab (diminutif de Collaborative Projects, un collectif d’artistes new-yorkais) et Fashion Moda (espace d’exposition dans le Bronx).

Toujours en 1980, fort de cette jeune notoriété, il participera auprès de Keith Haring, Andy Warhol et Robert Mappelthorpe à la manifestation New York / New Wave. L’année suivante, il se verra propulsé sur le devant de la scène grâce à l’article élogieux « the Radiant Child » d’un journaliste du magazine Artforum. La notoriété de Basquiat ne fera alors que croître. L’artiste se verra exposé pour la première fois en galerie par Annina Nosei. L’année de ses 23 ans, il participera, toujours avec Keith Haring, à la Biennale du Whitney Museum of American Art, devenant ainsi le plus jeune artiste jamais exposé.

À l’instar de Jean-Michel Basquiat, Keith Haring exposera en galerie à plusieurs reprises, participera à différentes foires (Whitney Museum, la Biennale de Sao Paulo, la Biennale de Venise, …) après avoir fait ses premières armes dans les stations du métro new-yorkais.

Malgré leur passage de la rue au marché de l’art, ces deux artistes restent des emblèmes de la culture urbaine et alternative des années quatre-vingt en raison du style et des sujets utilisés dans leurs peintures.

MyArtMakers- Street-Art - Keith Haring, à droite sur l'image, dans le métro new yorkais

MyArtMakers- Street-Art – Keith Haring, à droite sur l’image, dans le métro new yorkais

MyArtMakers - Street-Art - Le célèbre "Radiant Baby" de Keith Haring

MyArtMakers – Street-Art – Le célèbre « Radiant Baby » de Keith Haring

MyArtMakers - Street-Art - Jean-Michel Basquiat & Keith Haring au Club 57 dans les années 80

MyArtMakers – Street-Art – Jean-Michel Basquiat & Keith Haring au Club 57 dans les années 80

MyArtMakers - Street-Art - Jean-Michel Basquiat, bombe à la main

MyArtMakers – Street-Art – Jean-Michel Basquiat, bombe à la main

 

Le street art entre éclectisme et « tradition » …

Bien que Basquiat et Haring ne soient pas les seuls artistes issus de la rue à avoir été exposés en galerie, à avoir participé à des foires d’art contemporain ou encore à être vendus aux enchères, une grande majorité d’artistes continue à produire sous le couvert de l’anonymat en toute illégalité à travers le monde.

Le monde du street-art ces dernières décennies peut être divisé en multiples catégories : les artistes qui perpétuent « la tradition » héritée des quartiers défavorisés de New-York, les artistes qui peignent légalement en extérieur et tentent de se surpasser en terme de techniques (couleurs, tracés, lettrages, …) et de style, et les artistes qui se sont « convertis » au monde des galeries (ce qui peut sembler paradoxal). En effet, on pourrait penser que le street art en galerie perd toute crédibilité. Toutefois, comme expliqué précédemment, le street art dépend de toute une culture underground héritée des années soixante-dix et quatre-vingt dans les ghettos new-yorkais, mais au-delà de ça, il s’agit également d’une technique, d’une touche, d’inspirations diverses et variées. Il trouve donc tout à fait sa place sur le marché de l’art. Le street art est un courant d’art contemporain  à part entière, qu’il soit sur les murs ou sur toiles. 

On remarque d’ailleurs l’engouement du public pour cette pratique au vu des envolées des prix lors de ventes aux enchères. Le dernier exemple date du 20 janvier 2015 et effectue un record : il s’agit d’une pièce de l’artiste français Space Invader vendue 220 000 euros à Hong Kong par la maison Sotheby’s. On peut également évoquer Banksy, la figure du street art engagé de ces deux dernières décennies, dont les oeuvres sont arrachées à la rue dans le but d’être revendues en maison de ventes.

MyArtMakers- Street-Art - Pièce de l'artiste français Space Invader ayant atteint le record de vente le 20 janvier dernier à Hong Kong

MyArtMakers- Street-Art – Pièce de l’artiste français Space Invader ayant atteint le record de vente le 20 janvier dernier à Hong Kong

MyArtMakers - STreet-Art - "Queen Elizabeth" Une des nombreuses pièces du mystérieux et prolifique Banksy, après qui la police court toujours ...

MyArtMakers – STreet-Art – « Queen Elizabeth » Une des nombreuses pièces du mystérieux et prolifique Banksy, après qui la police court toujours …

MyArtMakers - Street-Art - Quelques reproductions de Banksy vendues 60$ à New York. L'action fait un flop, les passants ne reconnaissant pas le travail de l'artiste britannique.

MyArtMakers – Street-Art – Quelques reproductions de Banksy vendues 60$ à New York. L’action fait un flop, les passants ne reconnaissant pas le travail de l’artiste britannique.

Aujourd’hui, le street-art est devenu une pratique commune voire ordinaire dans le sens où toute personne ayant accès à de la peinture aérosol ou quelques marqueurs peut poser son blaze ou sa pièce dans les rues, sur les hangars de terrain vague … Il est certain que la pratique en fait maugréer plus d’un, cependant, il faut admettre qu’il fait entièrement parti du paysage urbain. Des évènements d’envergure internationale sont mis en place pour rendre hommage au street-art comme par exemple la Biennale Ill Communication en Europe ou encore la Biennal International and Public Art Mural à Cali en Colombie.

MyArtMakers - Street-Art - La première pièce de-Tasso-pour Art Mural 2014-à Cali

MyArtMakers – Street-Art – La première pièce de-Tasso-pour Art Mural 2014-à Cali

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Sans oublier Youldesign & Rue Meurt d’Art, artistes MyArtMakers.com

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