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Postmodernisme, degré zéro de l’art!

By 28 décembre 2015 One Comment

Postmodernisme, tout devient relatif!

Difficile de chercher à définir le postmodernisme. Il fait son apparition sur la scène de l’art à la fin des années 70 et durant les années 80, dans le domaine des arts plastiques et celui de l’architecture. Ce courant est une réaction à la théorie moderniste et un rejet des avant-gardes du XXe siècle.

Andy Warhol - Campbell's soup cans - 1962

MyArtMakers- Postmodernisme – Andy Warhol – Campbell’s soup cans – 1962

Passer l’art moderne et l’avant-garde, voilà le défi du postmodernisme qui veut être une réaction contre la linéarité historique de l’art. Les œuvres postmodernes vont puiser librement dans les différents styles historiques préexistants, faisant de la subjectivité un critère essentiel du jugement. Le passé devient un simple répertoire de formes. Les peintures de la trans-avant-garde et les architectures de Ricardo Bofill sont caractéristiques de cet état d’esprit.

Michelangelo Pistoletto - Venus aux chiffons - 1967

MyArtMakers – Postmodernisme – Michelangelo Pistoletto – Venus aux chiffons – 1967

Le postmodernisme est aussi le reflet d’un mode de vie qui se développe de plus en plus dans la société occidentale. Peut-être que la définition de Jean-François Lyotard dans Le Postmoderne expliqué aux enfants peut mieux faire comprendre : « Quand le pouvoir s’appelle le capital, et non le parti, la solution trans-avant-gardiste ou postmoderne au sens de Jencks s’avère mieux adaptée que la solution antimoderne. L’éclectisme est le degré zéro de la culture générale contemporaine : on écoute du reggae, on regarde du western, on mange MacDonald à midi et de la cuisine locale le soir, on se parfume parisien à Tokyo, on s’habille rétro à Hong-Kong, la connaissance est matière au jeu télévisé. Il est facile de trouver un public pour les œuvres éclectiques. En se faisant kitsch, l’art flatte le désordre qui règne dans le goût de l’amateur. L’artiste, le galeriste, le critique et le public se complaisent ensemble dans le n’importe quoi, l’heure est au relâchement. Mais ce réalisme du n’importe quoi est celui de l’argent : en l’absence de critères esthétiques, il reste possible et utile de mesurer la valeur des œuvres au profit qu’elles procurent. Ce réalisme s’accommode de toutes les tendances, comme le capital de tous les besoins, à condition que les tendances et les besoins aient du pouvoir d’achat. L’art doit s’intégrer au monde économique et à la consommation ».

 Postmodernisme - Jeef Koons - Balloon

MyArtMakers – Postmodernisme – Jeef Koons – Balloon

Astylistique ou l’autre nom du style

L’art depuis 1960 est devenu hybride, hétérogène, astylistique et c’est bien le style identifiable que dénie l’art postmoderne. La citation, l’ironie, la parodie, le pastiche, l’imitation sont les procédures artistiques  utilisées par les artistes postmodernes. Mais il a aussi aujourd’hui le désir de redéfinir des catégories comme le sujet, l’objet, la copie, l’œuvre.

Toutes ces transformations sont dues aux changements du marché de l’art et des métiers d’art qui s’affirment de façon exponentielle et changent aussi la médiation et la pédagogie de l’art. Le soutien, la diffusion,  la collection ou la conservation instruits par des intermédiaires spécialisés, ont finalement pour rôle de légitimer et de suivre les mouvements du marché de l’art en orientant le regard de tous publics sur les œuvres les plus visibles, et par conséquent les plus chères.

Postemodernisme - Escher - Maison aux escaliers - 1952

MyArtMakers – Postemodernisme – Escher – Maison aux escaliers – 1952

L’artiste postmoderne

L’artiste postmoderne est un artiste pluridisciplinaire, interdisciplinaire, trans-disciplinaire et son parcours est caractérisé par la pluralité des expériences et la diversité des médias employés.

Les artistes essaient de ne pas rester figés, contraints, à une seule forme d’expression pour ne pas avoir une étiquette, une image de marque. Un des aspects le plus important du postmodernisme est la duplicité du sujet. Par exemple, la femme peut être à la fois représentée par l’artiste comme « la maman » et « la putain » (Lacan/Eustache), et plus encore selon Alain Badiou (à la fois « fille / vierge », « maman », « putain » et « sainte) .

L’artiste postmoderne a le besoin d’exalter les symboles de la culture dominante, mais il le fait de manière négative. Il veut exalter le vide, mettre en discussion l’art traditionnel. Le phénomène artistique qui se développe s’appuie donc sur la déconstruction pour souligner l’incomplétude et l’insuffisance des moyens de communication sociale et artistique. Le vide de signification peut donc se remplir en toute liberté.

Postmodernisme - Charles Jencks - Cells of Life, Jupiter Artland 2003-2010

MyArtMakers – Postmodernisme – Charles Jencks – Cells of Life, Jupiter Artland 2003-2010

Architecture postmoderne et espace urbain

Le mouvement est surtout lié à l’architecture avec des artistes comme Venturi, Michael Graves et Charles Jencks qui a écrit le traité d’architecture intitulé: « La langage de l’architecture postmoderne ».

L’architecture postmoderne ne cherche pas à inventer de nouveaux langages, car son style est celui du tissu urbain américain, clinquant, commercial et populaire. Alors que l’espace moderniste cherchait à se différencier du tissu urbain préexistant, souvent dégradé, (style Le Corbusier), les bâtiments postmodernes célèbrent leur insertion dans le tissu hétérogène de la zone commerciale. Tout un jeu d’allusions et d’échos formels assure leur parenté avec les icônes (formes, publicités, logos) environnants.

Postmodernisme - Frank Gehry - Fred & Ginger House - Prague

MyArtMakers – Postmodernisme – Frank Gehry – Fred & Ginger House – Prague

Postmodernisme - Michael Graves - Team Disney header

MyArtMakers – Postmodernisme – Michael Graves – Team Disney header

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Margherita Barile

Margherita Barile

Margherita Barile est née à Alba, petite ville du piémont en Italie (oui, la ville de naissance du Nutella) en 1989 dans une famille de comédiens de théâtre. Elle a fait ses études en littérature comparée et communication à l’Université des Sciences Humaines de Turin. Après un an de projet Erasmus à Lyon en 2012 elle est tombée si amoureuse de la France et de la langue française qu’elle a choisi l’écrivain polynésienne Chantal T. Spitz comme sujet de mémoire pour son Master. Dans son parcours professionnel, elle a acquis plusieurs expériences d’écriture dans une maison d’édition, dans le bureau de communication de Slow Food Italie et en tant que journaliste dans le magazine Langhe. Aujourd’hui en France, à Bordeaux, dans le cadre du Projet européen Leonardo pour la mobilité professionnelle, elle a choisi le monde artistique et créatif de la rédaction web MyartMakers pour se mettre en jeu dans le monde du travail.

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