7 Néo Pop, l’art pour tous! | LE MAG D'ARTIDAY

Néo Pop, un art populaire!

 « Populaire, éphémère, jetable, bon marché, produit en masse, jeune, spirituel, sexy, plein d’astuces, enchanteur et qui rapporte gros. »

En 1957, c’est ainsi que le plasticien anglais Richard Hamilton définissait le Pop Art naissant. De nos jours, ce mouvement populaire à évoluer pour en venir au Néo pop.

MyArtMakers - Neo Pop - Jeff Koons, Michael Jackson and Bubbles, 1988

MyArtMakers – Neo Pop – Jeff Koons, Michael Jackson and Bubbles, 1988

Le renouveau du Pop art

Le terme Néo pop ou New pop fut invité par le critique d’art Noi Sawaragi en 1992, à la naissance de ce mouvement. Il le relie aux artistes qui déploient dans leur art des usages et des produits commerciaux dans leurs pratiques artistiques afin de « démystifier leurs charmes via une modification sarcastique ».

Le Néo pop, comme son nom l’indique, est le petit frère du Pop art qui revint sur les devant de la scène dans les années 80. Le Néo pop n’est pas un nouveau mouvement en soi mais plutôt une résurgence des travaux sur la culture populaire, et un moyen arrangeant de classer les différents artistes qui le constituent. Ces néo artistes continuent d’employer le ready-made cher au dadaïste Marcel Duchamp, d’utiliser des figures d’icônes dans leur art telles que Madonna, Michael Jackson, Britney Spears… Ce mouvement fonctionne comme les grands médias de divertissement, qui produisent des images et des icônes jetables, et tente de rivaliser avec eux.

Pourtant, le Néo pop se différencie sur certains points de son ainée. La société a changé, l’art aussi. Ses artistes cherchent à montrer comment le côté négatif du colonialisme culturel peut être transformé en « anomalies étrangement belles ». Leurs travaux sont le résultat et le reflet de la société de l’information globalisée. Ainsi il ne s’agit pas de transformer l’esthétique du quotidien en œuvre d’art mais plutôt de démontrer que l’art et la société de consommation, la culture populaire, sont au même niveau et peuvent coexister dans une même image. Ce courant refuse l’idée d’un art supérieur aux autres, et se veut proche du peuple et des acheteurs, l’accessibilité étant son mot d’ordre.

MyArtMakers - Neo Pop - Takashi Murakami, My lonesome cowboy

MyArtMakers – Neo Pop – Takashi Murakami, My lonesome cowboy

Le Superflat ou le Néo pop japonais de Takashi Murakami

Né dans le Japon de l’après bulle financière des années 90, le Néo pop reçu le soutient du gouvernement japonais qui chercha à développer son « soft power » en se basant sur l’exportation made in Japan. Dans les années 90-2000, la créativité est devenue une idéologie universelle, signe du narcissisme à la mode, et la culture la vitrine des élites. Ce mouvement tire ses racines dans la sous-culture japonaise des mangas et des anime. Mais ce n’est pas seulement la réappropriation de ces images, cet art porte en effet une véritable signification et une réelle critique sur les contextes historiques et sociaux du Japon des années chaotiques l’après guerre. En effet, pour comprendre le New pop, il faut examiner ce pays qui pendant les années 60 connu un développement économique fulgurant.

Takashi Murakami est un des artistes clés du Néo pop. On lui doit l’invention du style Superflat, qui était le nom de son exposition au Musée de l’art contemporain de Los Angeles en 2001, vernissage qui le propulsa sur le devant de la scène artistique. Son travail est un mélange de la sexualité débridée de Jeff Koons et de l’esthétique « plate » typique du Japon. Ses figurines kitchs aux allures d’extraterrestres nous renvoient dans un univers ludique où s’allient high-tech et arts plastiques. Comme Koons, le japonais travaille sur des éléments de sa propre enfance durant les années 60, où apparu le phénomène de masse populaire.

Aujourd’hui Takashi Murakami fait partie des artistes les plus chers au monde, à 49 ans il est représenté par les galeries les plus prestigieuses comme le parisien Emmanuel Perrotin et l’américain Larry Gagosian. Ses œuvres battent des records de vente, My lonesome cowboy s’est vendu pour plus de 15 millions de dollars.

Murakami et Koons ont tout les deux été invités à exposer à Versailles

MyArtMakers - Neo Pop - Jeff Koons, Balloon Dog à Versailles

MyArtMakers – Neo Pop – Jeff Koons, Balloon Dog à Versailles

MyArtMakers - Neo Pop - Takashi Murakami, Mangas à Versailles, Galerie des Glaces

MyArtMakers – Neo Pop – Takashi Murakami, Mangas à Versailles, Galerie des Glaces

Jeff Koons, le Wall Street art

Après des études d’art dans les années 70, Jeff Koons prend conscience de ses talents de vendeur en travaillant au MOMA, qu’il quitte pour devenir traider afin de financer ses projets artistiques. À Wall Street, il découvre comment fonctionne la bourse, fonctionnement qu’il appliquera par la suite au marché de l’art.

Warhol disait « il n’y a rien derrière, je vous le montrerait ». Jeff Koons le démontre. Koons, comme fidèle descendant de Warhol, surf sur le mouvement Néo pop. Il aspire à une société débarrassée de la critique et, réconciliée par le plaisir partagé, à une société esthétisée. Son art n’est pas contestataire, ni critique, au contraire il est joyeux, gai, facile d’accès et dans la recherche du plaisir. C’est le degré 0 de la pensée critique, il cherche à célébrer une imagerie familière pour redonner confiance aux membres de la middle class. C’est un art populaire, peut-être excessivement facile d’accès.

Pourquoi est-il si célèbre ? Pourquoi de pareils prix ? Il s’inscrit dans la pure tradition américaine : un récit où triomphe la réinvention permanente de son propre mythe. Il fait preuve d’une volonté sans faille, d’un sens de la débrouillardise, d’un génie commercial, d’un talent de communicant et d’un sens aigu de l’autopromotion. Au fur et à mesure des années, les sommes montent à des prix si astronomiques qu’elles en deviennent abstraites.

Ces objets ne posent plus la question à quoi servent-ils, mais à qui servent-ils ? Il peut-être perçu comme l’artiste de notre époque, celui que mérite notre époque. C’est un miroir de la mondialisation, il en possède les qualités et les travers.

MyArtMakers - Neo Pop - Jeff Koons, Fait d’hiver, 2007

MyArtMakers – Neo Pop – Jeff Koons, Fait d’hiver, 2007

Pour cette oeuvre, l’artiste américain fut accusé d’avoir plagié une pub de Naf Naf.

Damien Hirst, « l’artistar » anglais

Damien Hirst est né à Bristol en 1965. Il a étudié au Goldsmiths College de Londres et attira l’attention du public pour la première fois en 1988, quand il a conçu et fut le commissaire de « Freeze », une exposition de son travail et  de celui de ses amis à Goldsmiths. Depuis ce spectacle qui fut un véritable pivot, Hirst est devenu l’un des artistes les plus importants de sa génération. Plusieurs de ses œuvres sont largement reconnus, du requin en suspension dans le formaldéhyde, The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living (1991), ses peintures de pois et de papillons, jusqu’aux œuvres plus récentes telles que le crâne de diamants For the Love of God (2007). Parmi ces derniers, l’historien d’art Rudi Fuchs a dit, « Le crâne est hors de ce monde, presque céleste. Dans le même temps, il représente la mort comme quelque chose d’infiniment plus implacable. Par rapport à la tristesse larmoyante d’une scène de vanité, le crâne de diamants est la gloire elle-même « .

MyArtMakers - Neo Pop - Damien Hirst, For the Love of God, 2007

MyArtMakers – Neo Pop – Damien Hirst, For the Love of God, 2007

Tout au long de son travail, Hirst adopte une approche directe et difficile surl’idée de l’existence. Son travail remet en question notre conscience et les convictions sur les frontières qui séparent le désir et la peur, la vie et la mort, la raison et la foi, l’amour et la haine. Hirst utilise les outils et l’iconographie de la science et de la religion, créant des sculptures et des peintures dont la beauté et l’intensité offrentau spectateur une vision de l’art qui transcende notre compréhension habituelle de ces domaines. « Il y a quatre choses importantes dans la vie: la religion, l’amour, l’art et la science», dit-il. «Au mieux, ils sont tous seulement des outils pour vous aider à trouver un chemin à travers l’obscurité. Aucun d’eux ne fonctionne vraiment très bien, mais ils aident. « 

MyArtMakers - Neo Pop - Damien Hirst, The Dream, 2008

MyArtMakers – Neo Pop – Damien Hirst, The Dream, 2008

Si le Neo pop vous intéresse, n’hésitez pas à aller voir le travail d’autres artistes tels qu’Ashley Bickerton, Rah Crawford, Daniel Edwards, Katharina Fritsch, Keith Haring, Gary Hume, , Mark Kostabi, Yngvar Larsen, Allan McCollum, Komar and Melamid, Cady Noland, Charles Ray, Kenny Scharf, Haim Steinbach, Gavin Turk…

Vous pouvez également consulter nos autres articles sur les mouvements artistiques sur Le MAG MyArtMakers!

Edwige De Poortere

Edwige De Poortere

Edwige est une étudiante de l'ICART Bordeaux où elle étudie le management culturelle et le commerce de l'art. Elle est née et a grandit à Pau, la ville d'Henri IV, mais son pays de coeur est l'Angleterre où elle voyage régulièrement. Elle y a d'ailleurs passé 1 an pour étudier l'art et le design. Passionnée d'art, qui lui permet depuis petite de se perdre et de se retrouver à la fois, elle dessine et écrit des bouts de vie à ses heures perdues.

Leave a Reply