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Hyperréalisme, plus vrai que vrai!

By 23 octobre 2015 No Comments

Hyperréalisme, une technique photographique!

L’hyperréalisme se développe dans les années 60 et 70 aux Etats Unis et prend ses sources dans le Pop Art et dans les peintures d’Edward Hopper. En opposition à l’expressionisme abstrait alors en vogue qui privilégie le hasard et l’action painting, la sculpture et la peinture hyperréelles s’adonnent à une technique photographique qui reproduit à l’identique la réalité. Mais la photographie n’est que le point de départ du minutieux travail de l’artiste qui se traduit par une absence de tout contenu émotionnel, un sens clinique du détail. On peut considérer que l’hyperréalisme est aussi la suite logique du Pop Art, car il utilise comme lui des symboles populaires.

MyArtMakers - Hyperrealisme - Xoaang Choi

MyArtMakers – Hyperrealisme – Xoaang Choi

On doit son nom au marchand d’art belge IsyBrachot qui l’a employé comme le titre d’une grande exposition en 1973 qui était dominé par les œuvres de photoréalistes américains tels que Chuck Close, Ralph Goings, Don Eddy, Robert Bechtle… Dés lors le terme a été utilisé pour désigner ces artistes influencés par les photoréalistes.

Ce courant est considéré comme une branche du photoréalisme, cependant il diffère de lui en apportant quelque chose en plus, il n’imite pas strictement les photographies. Les artistes hyperréalistes apportent une narration, une émotion, ils créent une réalité non vue dans la photo d’origine. Les tableaux sont plus détaillés que dans la réalité, les lumières plus claires, le rendu plus net, c’est une réalité augmentée. C’est en quelque sorte « la simulation de quelque chose qui n’a jamais vraiment existé » comme le disait Jean Baudrillard, ces artistes créent une fausse réalité, une illusion convaincante en se concentrant sur l’accent mis sur les détails et les sujets. Contrairement à son apparence, l’hyperréalisme n’est pas un réalisme. Du réel, il ne retient que la peau, ce qui est en surface : son image.

MyArtMakers - Hyperrealisme - Linnea Strid, Let it flow

MyArtMakers – Hyperrealisme – Linnea Strid, Let it flow

Afin de rendre au mieux la réalité et ses subtilités, en peinture les artistes utilisent des projections de diapositives, de projecteurs multimédias qui projettent l’image sur la toile, ou encore la traditionnelle technique du maillage. Les sculpteurs quand à eux utilisent du polyester appliqué directement sur le corps humain ou sur le moule. L’hyperréalisme nécessite donc un haut niveau de technicité et une grande virtuosité afin d’assurer l’exactitude de l’image.

MyArtMakers - Hyperrealisme - Richard Estes, Paris Street Scene, 1972

MyArtMakers – Hyperrealisme – Richard Estes, Paris Street Scene, 1972

Duane Hanson fut l’un de pionniers de ce courant parti à la recherche de l’hyperréalité. Dans les années 60, alors que le contexte politique et social est agité, entre racisme, pauvreté, guerre du Viêt Nam et statut des femmes, Hanson exprime par des statuts de grandeurs nature et ressemblant au grain de peau vrai à de réels humains ses préoccupations sociales. Inspiré par les statuts moulées de Georges Segal, son travail explore les méandres de la société américaine et se donne comme véritable miroir, à la fois critique, lucide, et humaniste, respectueux, qui montre avec compassion la fragilité et le désespoir du rêve américain déchu. Ainsi il transporte au musée le quotidien de l’americanway of life, faisant de la Supermarket Lady du coin de la rue une icône de notre société de consommation. Alors que l’on aurait pu éviter de s’attarder sur une telle personne dans un magasin, nous somme dans le musée obligé de faire au sujet.

« Mes motifs préférés sont les américains de la classe inférieure et moyenne. Pour moi la résignation, le vide et la solitude de leur existence rendent bien la véritable réalité de la vie de ces gens »

MyArtMakers - Hyperrealisme - Supermarket Lady, Duane Hanson, 1969

MyArtMakers – Hyperrealisme – Supermarket Lady, Duane Hanson, 1969

Un autre grand représentant de l’hyperréalisme est le peintre et photographe américain Chuck Close. Ses difficultés à reconnaître les visages dues à sa prosopagnosie le pousse à peindre des portraits à l’échelle gigantesque auxquelles il se consacre exclusivement depuis les années 60, en s’essayant à la peinture, à la photographie, à la sérigraphie, la lithographie, la gravure, le collage, la sculpture… Ses modèles sont choisies au sein de ses proches, ou se représente lui même. S’intéressant à la pixellisation, il quadrille ses toiles telles une carte du visage humain, qui est reproduit carré par carré. L’illusion de réel est parfaite de loin, mais en s’approchant, on peut observer une multitude de tâches colorées abstraites à la manière d’un écran pixellisé. Il s’intéresse au flou que l’œil humain élimine mais que l’objectif permet de voir. Ces figures géométriques sont aujourd’hui beaucoup plus libres adoptant un aspect organique.

MyArtMakers - Hyperrealisme - Chuck Close, autoportrait,1968

MyArtMakers – Hyperrealisme – Chuck Close, autoportrait,1968

Ron Mueck quand à lui a fait sa spécialité des sculptures hyperréalistes, dérangeantes et souvent nues pour mieux traduire la fragilité de la peau et le passage du temps, ressemblants à se méprendre à de véritables humains, mais de tailles très inférieurs ou supérieurs. Les plus minutieux détails sont rendus grâce à l’emploie du silicone, de la résine polyester et de la peinture à l’huile. La dimension morbide de ses créatures aux dimensions étranges engrange une tension entre notre univers réel et le monde fantasmagorique d’où ils proviennent. Délaissant l’ordinateur, Mueck créer des silhouettes en terres artisanalement qu’il lisse avec une éponge avant d’en faire un moule. Il gonfle le réel et insuffle de la vie à ses créatures qu’on croit presque entendre respirer, murmurer, réagir au monde qui les entoure. Ce Gepetto ne délivre aucune interview et nous laisse la possibilité d’interpréter librement son œuvre, communiquer avec ses personnages et nous laisser envahir par les émotions.

MyArtMakers - Hyperrealisme - Boy, Ron Mueck, 1999

MyArtMakers – Hyperrealisme – Boy, Ron Mueck, 1999

Ron Mueck quand à lui a fait sa spécialité des sculptures hyperréalistes, dérangeantes et souvent nues pour mieux traduire la fragilité de la peau et le passage du temps, ressemblants à se méprendre à de véritables humains, mais de tailles très inférieurs ou supérieurs. Les plus minutieux détails sont rendus grâce à l’emploie du silicone, de la résine polyester et de la peinture à l’huile. La dimension morbide de ses créatures aux dimensions étranges engrange une tension entre notre univers réel et le monde fantasmagorique d’où ils proviennent. Délaissant l’ordinateur, Mueck créer des silhouettes en terres artisanalement qu’il lisse avec une éponge avant d’en faire un moule. Il gonfle le réel et insuffle de la vie à ses créatures qu’on croit presque entendre respirer, murmurer, réagir au monde qui les entoure. Ce Gepetto ne délivre aucune interview et nous laisse la possibilité d’interpréter librement son œuvre, communiquer avec ses personnages et nous laisser envahir par les émotions.

Enfin, un autre artiste des plus intéressant de l’hyperréalisme, bien qu’il n’en manque pas, est le provocateur Maurizio Cattelan. D’origine italienne, il a travaillé quelques temps dans une morgue, depuis la mort est très prégnante dans ses oeuvres, mêlée à de l’humour noir et un sens aigu de la provocation. Ses thèmes principaux sont la place de l’individu dans le monde et la société, la manipulation religieuse et politique, les grandes catastrophes humaines du XXe. Autodidacte, son talent l’a mené jusqu’aux devant de la scène de l’art contemporain. Cattelan cherche en permanence à tourner en dérision l’art, en particulier le monde de l’art contemporain. Il en critique la production artistique et le milieu des artistes. C’est là tout le paradoxe de Cattelan, car il aime se faire passer pour un artiste en marge du marché de l’art, alors qu’il en est en faite un acteur majeur. Sans atelier et muni d’un simple téléphone, il est à la manière de Koons un directeur artistique, dont l’art est de produire des idées.

 » Je n’ai jamais rien de plus provocateur ni de plus impitoyable que ce que je vois tous les jours autour de moi. Au regard de l’actualité, mes oeuvres ne sont pas cyniques. Elles sont seulement assez fortes pour réveiller le public. « 

MyArtMakers - Hyperrealisme - Maurizio Cattelan, Kaputt, 2007

MyArtMakers – Hyperrealisme – Maurizio Cattelan, Kaputt, 2007

L’hyperréalisme, de par sa ressemblance avec la réalité, réussit à éveiller notre conscience et nous fait réfléchir au delà de ce que nous donne l’œuvre d’art elle même. Le spectateur est confronté à son propre monde, il est amené à admirer l’œuvre d’art qui semble vouloir quitter sa propre condition. La pièce devient le reflet et l’image réelle du monde contemporain, et permet d’analyser et comprendre notre société. Cette réalité et cette irréalité remettent en question la vérité de la nature humaine.

Découvrez des artistes MyArtMakers qui eux aussi s’emploient à rendre la réalité le plus précisément possible!

Hidalgo

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Tracy de Sousa

MyArtMakers - Hyperrealisme - Tracy de Sousa, Oeil coloré final

MyArtMakers – Hyperrealisme – Tracy de Sousa, Oeil coloré final

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Edwige De Poortere

Edwige De Poortere

Edwige est une étudiante de l'ICART Bordeaux où elle étudie le management culturelle et le commerce de l'art. Elle est née et a grandit à Pau, la ville d'Henri IV, mais son pays de coeur est l'Angleterre où elle voyage régulièrement. Elle y a d'ailleurs passé 1 an pour étudier l'art et le design. Passionnée d'art, qui lui permet depuis petite de se perdre et de se retrouver à la fois, elle dessine et écrit des bouts de vie à ses heures perdues.

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