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Disparition oeuvre d’art, notre Top 10!

By 4 mars 2016 No Comments

Disparition oeuvre d’art, on récapitule!

Parce que les destructions et les disparitions d’œuvres d’art ne datent pas d’aujourd’hui, découvrons différentes raisons qui ont conduit à ces pertes, au cours du temps et de l’histoire.

Pour commencer, il faut savoir que sont considérées comme disparues les œuvres originales dont on a des sources écrites, des archives, des témoignages de leur existence mais qui ne sont plus visibles aujourd’hui. Plutôt que de voir une liste de 10 œuvres disparues, intéressons-nous à 10 causes de ces absences dans notre patrimoine. Les disparitions ont lieu à différents endroits et à différentes époques et ne découlent pas forcement d’une volonté malhonnête.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Ferdinand Knab, Les Jardins suspendus de Babylone (1886)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Ferdinand Knab, Les Jardins suspendus de Babylone (1886)

Les jardins suspendus de Babylone

Il faut noter que toutes les œuvres connues n’ont pas forcement été retrouvées pour la simple et bonne raison que l’on ne peut pas les localiser. C’est le cas des Jardins Suspendus de Babylone par exemple, qui font partie des Sept Merveilles Antiques, que l’on date aux environs de -600. Ils n’existent plus, mais des textes contemporains donnent des descriptions du lieu. On est donc face à une œuvre monumentale, dont on ne sait rien ni du lieu de construction, ni de la date de la disparition, et qui a pris un caractère mythique justement pour ces raisons. Certaines théories récentes remettent en question la localisation même, Babylone, et tendent à montrer que Les Jardins Suspendus se trouveraient en réalité à 400km de là, à Ninive, mais pour le moment, on ne sait toujours rien de cette Merveille.

Les peintures d’Apelle

Parmi les œuvres jamais retrouvées, la majorité sont antiques, et les peintures d’Apelle sont un autre exemple. Le peintre officiel d’Alexandre le Grand a produit des œuvres qui d’après les descriptions des contemporains devaient être incroyables. Mais le problème, à nouveau, c’est qu’on ne sait pas où elles sont, et si les conditions de conservation nous permettront de les découvrir un jour.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Le Mystère Picasso (1956)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Le Mystère Picasso (1956)

Sandro Botticelli

Un autre cas intéressant sont les destructions par l’artiste de ses propres œuvres. De nombreuses œuvres mythologiques de Botticelli ont été détruites par le peintre lui-même lors du Bûcher des Vanités le 7 février 1497, organisé par Jérôme Savonarole. Le prédicateur anticlérical exerça un pouvoir politique et religieux fort à Florence et ses sermons sur la luxure auront un impact sur Botticelli qui apportera lui-même ses peintures au bûcher, en accord avec un retour à l’austérité et la condamnation du paganisme. La Naissance de Vénus a été épargnée puisqu’elle n’était plus en sa possession à ce moment-là. Même après la condamnation de Savonarole en 1498, Botticelli cessa de peindre des nus.

Pablo Picasso

En 1956 est tourné le film Le mystère Picasso, dirigé par Henry-Georges Clouzot. Durant le tournage, Picasso peint, montrant sa manière de travailler à la caméra. Le tournage fini, l’artiste a décidé de détruire les œuvres peintes à cette occasion, afin qu’elles n’existent plus que dans le film. 

Dans les deux cas, l’artiste a pris part à la destruction de leurs œuvres, bien que les motivations soient différentes.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Giorgio Vasari, bataille de Marciano (1563)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Giorgio Vasari, bataille de Marciano (1563)

Chaque année on découvre des peintures dissimulées sous d’autres peintures, visibles uniquement sous les Rayons X. Parfois, ce sont les faussaires qui recouvrent les toiles pour duper les ventes aux enchères. Les rayons X permettent alors d’authentifier les œuvres. Mais dans certains cas, ce sont les artistes eux-mêmes qui réutilisent leur toile.

Vincent van Gogh

En 2008, on a découvert ce qui semble être un portrait de femme derrière la toile le coin aux herbes (1887) de Vincent van Gogh, et en 2012, ce sont deux lutteurs qui ont été retrouvé derrière Nature morte avec fleurs des champs et roses. Il se trouve qu’à la période de la réalisation de ses scènes dont nous connaissons l’existence par la correspondance de l’artiste avec son frère, il les lui avait envoyé et il semblerait que van Gogh ait réutilisé ces toiles par la suite, par soucis d’économie.

Léonard de Vinci

En 2012, dans le Palazzo Vechio de Florence, une peinture de Léonard de Vinci aurait été mise à jour sous la fresque de la Bataille de Marciano peinte par Giorgio Vasari en 1563. Sur un drapeau de sa fresque figuraient les mots « cerca, trova… », « cherche et tu trouveras » ce qui aurait conduit les scientifiques à percer dans cette fresque pour mener cette fameuse recherche digne du Da Vinci Code de Dan Brown (des voix s’élevèrent d’ailleurs contre ses interventions en pensant qu’il s’agissait d’un coup marketing en faveur de la sortie au cinéma de Da Vinci Code). Or, il se trouve que les micros-cameras montrent qu’il existe en effet quelque chose en dessous, et les prélèvements semblent montrer qu’il s’agit des mêmes pigments de couleurs utilisés par Léonard de Vinci pour la Joconde et Saint Jean-Baptiste. Depuis 2012 les recherches ont été stoppées à cause du scandale retentissant sur les méthodes de recherches menées et la dégradation de l’œuvre de Vasari. Donc pour l’instant, on ne sait pas s’il s’agit de la Bataille d’Anghiari qui aurait été peinte en 1505 par de Vinci et abandonnée suite à son départ de Florence en 1506. Ce que l’on sait c’est que dans tous les cas, il y aurait sous la peinture de Vasari une œuvre suffisamment estimée pour qu’il réalise sa fresque sur un autre mur construit par-dessus.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Hubert Robert, violation des caveaux des rois dans la basilique Saint-Denis (1793)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Hubert Robert, violation des caveaux des rois dans la basilique Saint-Denis (1793)

La période révolutionnaire

C’est durant les années révolutionnaires que la notion de patrimoine national s’instaure. C’est paradoxalement une période marquée par de grandes destructions, perpétuées par les révolutionnaires qui rejettent tous les symboles touchant au passé, c’est-à-dire à la fois ceux de la Monarchie mais également ceux de l’Eglise. Chateaubriand écrivait « Des églises abandonnées, des clochers sans cloche, des cimetières sans croix, des saints sans tête.. » pour pleurer ces destructions massives. En effet, les possessions des Églises devenant celles de l’état, ce dernier était libre de faire ce qu’il voulait. La liste des destructions de cette période, qui va s’étendre jusqu’en 1799, est très longue, on compte des milliers de pertes, notamment des églises et des chapelles, en particulier Saint-Denis et ses tombes royales.

C’est à cette époque que naît le terme de « vandalisme », crée par l’abbé Grégoire, pour mettre en parallèle les actes de destruction révolutionnaires avec le peuple barbare. Mais c’est également dans ce contexte que naît en 1793 le Musée des Monuments Français grâce à Alexandre Lenoir, pour entreposer, protéger et étudier des œuvres médiévales qu’il a pu récupérer dans certaines églises en danger.

Les statues royales en bronze des places publiques ont été fondues pour servir aux canons, certaines des portes des villes qui avaient une symbolique royale furent aussi détruites. D’après le Conseil Général de la Commune de Paris de 1792 : « la Liberté et l’Égalité [sont] désormais les seules idoles dignes des hommages du peuple français ».

C’est durant la Terreur que le château de Versailles sera peu à peu vidé, et si une partie de son mobilier se retrouvera au Louvre dès 1793, une autre partie sera détruite et le reste vendu aux enchères. Ces derniers seront dispersés au fil du temps, et le château continue à retrouver peu à peu certaines de ses pièces. C’est en 2011 par exemple que le bureau de Marie-Antoinette repris sa place à Versailles dans le cabinet doré du petit appartement de la reine, après son acquisition pour 6,75 millions d’euros par le Château et des donateurs, chez un antiquaire parisien.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Théodore Géricault, le Radeau de la Méduse (1818-1819)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Théodore Géricault, le Radeau de la Méduse (1818-1819)

Phare d’Alexandrie

De nombreuses disparitions sont dues à des phénomènes naturels, qui sont pour la plupart inévitables. On peut notamment citer le Phare d’Alexandrie, dernière des Merveilles Antiques, qui fut construite par et pour un général d’Alexandre Ier, Ptolémée Ier, aux alentours de -280 av. J.-C. Le phare a guidé les marins pendant 17siècles avant d’être détruit presque intégralement vers 1300 à cause de plusieurs tremblements de terre.

Une autre cause de disparition naturelle, c’est la dégradation des œuvres, que cela soit lié à leur lieu de conservation, aux mauvaises conditions, mais également aux matériaux utilisés. On se retrouve ainsi parfois devant des œuvres qui se détériorent peu à peu, naturellement, sans que l’on puisse forcément intervenir. C’est le cas du Radeau de la Méduse de Géricault. Cette œuvre de 1817 contiendrait du bitume de Judée, un pigment noir qui ne sèche pas et qui tend à réagir avec les autres pigments, assombrissant peu à peu la toile. Ce pigment n’a pas été utilisé seulement par Géricault, mais aussi par d’autres peintres du XIXe comme Delacroix. La difficulté c’est que pour l’instant on ne sait pas comment gérer le processus, et s’il sera un jour possible de l’arrêter. Aujourd’hui on ne peut que constater l’assombrissement progressif de certaines œuvres, qui sont probablement amenées à disparaître dans les prochaines décennies.

Certaines œuvres ne sont jamais parvenues jusqu’à nous à cause de certaines restaurations qui ne permettent plus de voir une œuvre originale. Il faut tout d’abord savoir que la majorité des œuvres visibles ne sont pas ou plus des originaux à 100%, mais la question sur l’authenticité peut se poser quand les restaurations sont plus importantes. Le XIXe siècle est celui que certains voient comme le siècle des restaurations abusives. Eugène Viollet-le-Duc fait partie des grands noms du XIXe, et son œuvre est trop importante pour être résumée ici. L’architecte a néanmoins effectué énormément de restaurations, toujours en lien avec sa vision de l’architecture rationaliste, ce qui fait que bien souvent, les reconstructions se voyaient réadaptées, et elles étaient souvent très éloignées de ce qu’elles étaient auparavant. C’est le cas notamment du Château de Pierrefonds, bâti au XVe siècle pour Louis d’Orléans, et partiellement détruit au XVIIe siècle avant d’être laissé à l’abandon. C’est en 1850 que Napoléon III chargea Viollet-le-Duc de la reconstruction du château, dans un style néogothique. L’architecte modifia totalement le plan original, désirant faire une véritable résidence impériale, sous la forme d’un gothique totalement imaginaire et revisité.

Ecce Homo

Un autre cas intéressant est celui de l’Ecce Homo (1930), une œuvre mineure d’Eléas Garcia Martinez, dans la petite église de Borja en Espagne. En août 2012, le centre d’étude de la ville de Borja découvre que l’œuvre a été restaurée, sans autorisation officielle, par une octogénaire, Cecilia Giménez, pleine de bonnes intentions. La peinture originale est méconnaissable et la « pire restauration de tous les temps » a vite fait le tour du web, tant et si bien que la petite ville de Borja est devenue un véritable lieu de tourisme, et que la question de la dérestauration se pose encore. En effet, la restauration ratée a finalement refait vivre la ville. Cette histoire a été transformée en opéra-comique, sous le nom de Behold the man, écrite par Andrew Flack et composée par Paul Fowler, visible sur les planches à partir du Printemps 2016 !

Dans les deux cas, on est face à des œuvres dont la base d’origine n’est plus visible, mais dont les restaurations ont permis de leur donner une seconde vie en réalité.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Eléas Garcia Martinez, Ecce Homo (1930) avant, pendant et après restauration

MyArtMakers – Œuvres disparues – Eléas Garcia Martinez, Ecce Homo (1930) avant, pendant et après restauration

Gustave Courbet

De nombreuses œuvres majeures ont disparu durant la Seconde Guerre Mondiale en Europe, notamment à cause des bombardements. La ville de Dresde, en Allemagne, fut entièrement détruite et accueillait dans son musée de nombreuses peintures de grande importance dont il ne nous reste plus que des photographies ou des gravures, comme la première version de saint Matthieu et l’Ange de Caravage de 1602 ou encore les casseurs de pierre de Gustave Courbet de 1849.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Gustave Courbet, Les casseurs de pierre (1849)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Gustave Courbet, Les casseurs de pierre (1849)

Gustav Klimt

Une autre grande perte fut la collection d’August Lederer, un collectionneur d’art qui possédait de nombreuses œuvres de Gustav Klimt. Décédé en 1936, les Nazis confisquèrent les œuvres à sa veuve, et entreposèrent l’ensemble dans le château d’Immendorf, au sud de l’Autriche, pour les protéger. En effet, le Troisième Reich condamnait l’art moderne, l’art « dégénéré », mais semblait beaucoup apprécier l’œuvre de Klimt qui eut même droit à une exposition à Vienne en 1943. Mais une fois Hitler suicidé, les soldats SS mirent le feu au château considérant que les œuvres étaient trop belles pour être retrouvées. Dans la collection se trouvaient notamment les trois peintures controversées, la Médecine, La Philosophie et la Jurisprudence, réalisées pour l’Université de Vienne aux alentours de 1900.

MyArtMakers - Oeuvres disparus - Gustav Klimt, Philosophie, 1899

MyArtMakers – Oeuvres disparus – Gustav Klimt, Philosophie, 1899

Certaines destructions tiennent parfois à peu de choses, hormis à la personnalité du malfaiteur. Certaines disparitions d’œuvres sont dues à de véritables personnalités, dont le geste est difficilement justifiable et tient presque d’un coup de tête.

C’est le cas de Herostratus (ou Erostrate), dont la catégorie « folie » semble mieux lui convenir. Explications. Le Temple d’Artémis d’Ephèse, une des sept merveilles du monde antique, a été construit entre 560 et 540 av.J-C et fut détruit définitivement au IVe siècle puisque transformé en carrière. Durant ces dix siècles, le temple a été reconstruit pas moins de sept fois. Le premier temple fut incendié et détruit vers 356av.J.C par Erostrate qui souhaitait… que son nom soit immortalisé. Suite à cet acte, il sera  torturé, tué et une loi fut même créée pour interdire de prononcer son nom. Aujourd’hui le nom d’Erostrate est utilisé dans certaines expressions pour parler d’un acte criminel pratiqué au nom de la célébrité.

Graham Sutherland

Un autre cas est celui du portrait de Winston Churchill, peint par Graham Sutherland en 1954 et détruit par Clémentine Churchill dans les années 1955 parce qu’elle ne l’aimait pas. A l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire, la commande d’un portrait de Churchill est lancée sur la base d’une souscription de parlementaires anglais. Graham Sutherland est alors un des plus célèbres peintres britanniques des années 1950. Au début, Churchill est plutôt heureux du projet, accepte de poser pour le peintre. Mais voyant les premières esquisses, c’est le drame, Churchill n’aime pas la manière dont il est représenté, il trouve que son portrait a un aspect malfaisant. Mais c’est un portrait qui va être dévoilé lors d’une assemblée, Churchill ne peut qu’accepter. La peinture sera montrée lors d’une cérémonie le 30 novembre 1954, et ironiquement, l’homme, sans regarder une fois le portrait déclare : « ce portrait est une remarquable illusion de l’art moderne […] qui associe la force et la franchise ». Clémentine Churchill, sa femme, trouve elle, que le tableau présente son mari comme un  « monstre brut et cruel ». En réalité, elle avait déjà détruit des portraits de son mari qu’elle n’avait pas apprécié, puisqu’elle menait alors une grande campagne sur l’image de Churchill qui devait continuer à être vu comme un homme fort. Ainsi, suite à la cérémonie, la peinture fut entreposée dans leur domaine à Chartwell. C’est à la mort de Clémentine que l’on découvre qu’elle a détruit la peinture, quelques mois après son arrivée. L’artiste qualifiera le geste « d’acte de vandalisme », disant que Winston Churchill ne l’aurait jamais permis. Aujourd’hui, il ne nous reste que les esquisses et photographies du portrait mais aussi son histoire.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Graham Sutherland, esquisse portrait de Winston Churchill (1954)

MyArtMakers – Œuvres disparues – Graham Sutherland, esquisse portrait de Winston Churchill (1954)

Tous les ans on recense de nouveaux vols, commis partout dans le monde, parfois de jour, parfois de nuit, armés ou non, seul ou en groupe. Les mobiles sont variés bien que souvent en lien avec le marché de l’art. Ce dernier mobile s’applique surtout pour les œuvres « moyennes », les œuvres connues et majeures étant plus difficiles à faire circuler sur le marché de l’art tel quel. C’est pour cette raison que l’on parvient à retrouver en 1914, après deux ans de recherches, la Joconde qui avait été volée par un des membres du personnel du Louvre, en pleine nuit. L’homme fut découvert après qu’il ait essayé, naïvement, de revendre l’œuvre mondialement connu à un marchand d’art italien.

De grandes œuvres manquent aujourd’hui à l’appel, mais il est difficile de comprendre les causes. Parfois elles servent pour des rançons, et elles sont très rarement subtilisées pour la collection privée du voleur ou d’un commanditaire. Le mythe d’Arsène Lupin s’effondre. On a néanmoins eu un voleur célèbre, Stéphane Breitwieser, qui aurait volé environ 240 œuvres en l’espace de 7 ans, à partir de 1995, pour les entreposer dans sa demeure à Mulhouse. Malheureusement, lorsqu’il fut interpellé en 2001, sa mère voulu se débarrasser des preuves contre son fils et jeta certaines de ces œuvres dans le canal Rhin-Rhône. A ce jour, une soixantaine de ces œuvres restent introuvables.

Des outils ont été mis à la disposition des vendeurs et acheteurs, pour essayer d’enrayer le processus, afin de repérer et de retrouver les œuvres volées à travers le monde. La base de données d’Interpol est accessible sur internet et recense des milliers d’œuvres, volées et recherchées, agrémentées de notices, afin qu’elles puissent être identifiées plus facilement. La majorité des conférenciers s’accordent à dire que le trafic d’œuvres d’art se trouverait en troisième place, derrière la drogue et les armes, d’où la nécessité de créer une base de données la plus complète possible, bien qu’il soit très difficile de réellement savoir ce qui a été volé et ce qui a été retrouvé à travers le monde. Fin 2014, Interpol comptait environ 45 000 références, et depuis sa création en 1995, plus de 2800 objets ont été retrouvés.

MyArtMakers – Œuvres disparues – Grand Bouddha de Bâmiyân, avant et après destruction

MyArtMakers – Œuvres disparues – Grand Bouddha de Bâmiyân, avant et après destruction

Grand Bouddha de Bâmiyân

Finalement, venons à la partie qui ne peut être passée sous silence, les disparitions d’œuvres actuelles, en particulier dues à des groupes terroristes. Déjà en 2001, le groupe des Talibans avait causé des destructions médiatisées, notamment en Irak, qui avaient marquées le monde. C’est le cas des Bouddhas de Bâmiyân, en Afghanistan, 3 statues en haut-relief datés entre le IVe et le VIIe siècle, sur lesquels le groupe islamiste s’est acharné pendant presque 25 jours. On compte parmi les victimes des différents groupes islamistes depuis une dizaine d’années des musées, des mausolées, des bibliothèques, des palais, des églises, des tombeaux,… La liste est longue.

Depuis deux ans, c’est le groupe Daesh qui est coupable des grandes destructions médiatisées, notamment celles du musée et de la Bibliothèque de Mossoul en février 2015, et de la Cité antique de Palmyre depuis septembre 2015. Les destructions sont importantes et on ne sait connaît pas encore tout ce qui a été détruit ou a contrario ce qu’il reste. Ce que l’on sait c’est que ces groupes médiatisent leurs actions, dans le cadre d’une vraie propagande, mais que s’ils se filment en train de détruire notamment les grandes statues, on sait que la majorité des éléments transportables vont se retrouver sur le marché noir (des bases de données spécifiques à certains états comme la Syrie sont disponibles sur le site d’Interpol).

D’après l’anthropologue Malek Chebel, il s’agit « d’éradiquer toute forme matérielle de notre civilisation ». Ces groupes rejettent dans ce cadre tout ce qui est antérieur au Coran, et détruisent tout ce qui pour eux a attrait à des rituels païens ou qui relèvent du culte de saints, de reliques ou autre. Les œuvres qui se trouvent dans les zones où sévissent ces groupes sont donc pratiquement toutes en danger. Il faut rendre hommage aux personnes qui se battent chaque jour pour protéger notre patrimoine, des anonymes souvent. Le 16 février, l’Italie et l’Unesco ont annoncé officiellement la création d’un groupe de 60 personnes, constitué d’experts et de carabiniers italiens, dont le rôle sera d’«évaluer les risques et quantifier les dommages faits au patrimoine culturel » mais aussi « fournir assistance au transfert des objets dans des lieux protégés et sécurisés ».

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Aude Moreau

Aude Moreau

Actuellement étudiante en troisième année d'histoire de l'art à Bordeaux, j'ai toujours été passionnée par l'Histoire et la mythologie. Adorant l'Histoire de l'Art, je m'intéresse plus particulièrement aux relations qu'entretiennent les religions et l'Art.

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