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Art moderne, révolution de la création!

By 19 février 2016 No Comments

Art moderne, une transition en couleurs!

« L’art ne reproduit pas le réel, il le rend visible. » Paul Klee.

Art moderne, ceci définit est un phénomène de l’histoire de l’art qui bouleversa la scène artistique de la première moitié du XXe siècle, mais elle émergea à partir de 1850. La modernité est en fait plus globale, c’est un mode de pensée, de vie et de création qui se veut résolument nouveau, fondé sur le changement et en réaction aux temps qui l’ont précédé. Pour Baudelaire, dans Le Peintre de la vie moderne, « la modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable ». On s’attache à observer l’impressionnant quotidien en perpétuel mouvement, la beauté n’est dès lors plus l’apanage de l’Antique. On peut l’associer à la poursuite de l’idéal développé par la philosophie des Lumières.

Comme l’on peut le voir dans notre article sur l’impressionnisme (mettre lien), que l’on aurait tout aussi bien pu appelé « les scandales de la modernité », le Salon des Refusés de 1863 puis celui de 1974 et enfin la création du Salon des indépendants en 1885 marquent un séisme entre l’art académique et l’émergence de la création dite « bohème ». Les premiers pas vers l’art moderne sont donc accomplis par les impressionnistes, fortement influencés par Edouard Manet, par leurs technique résolument nouvelle où la touche est libérée, simplement juxtaposée, ainsi que par leurs thèmes de la vie quotidienne.

MyArtMakers - Art Moderne - Edouard Manet, Olympia

MyArtMakers – Art Moderne – Edouard Manet, Olympia

Quel scandale provoqua cette toile !

Dans l’art moderne, ce qui est valorisé n’est plus l’organisation et la représentation du visible et de l’idéal comme dans l’art classique, la pulsion, la création et l’action sont les mots d’ordre. Les artistes modernes vont valoriser la fonction créative de l’art. Chaque mouvement va proposer une vision : pour Cézanne par exemple, un des pères de l’art moderne, il s’agira de rendre visible l’activité organisatrice du percevoir. Ou encore, pour l’abstraction, l’image devient autonome et ne renvoie à rien d’autre qu’à elle même.

On traite de nouveaux sujets, qui ne sont plus ceux mythologiques, religieux ou historiques de l’art académique : La Gare Saint-Lazare de Claude Monet, par exemple, est une série de douze toiles réalisées dans cette gare parisienne. Le peintre s’intéresse alors à la révolution industrielle et à la vie moderne. Il s’intéresse aux conditions atmosphériques, toujours différentes, afin d’exprimer ses émotions, et choisit de réaliser toute une série comme s’il était impossible de rendre toutes ses impressions sur un seul et même tableau.

MyArtMakers - Art moderne - Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, 1877.

MyArtMakers – Art moderne – Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, 1877.

C’est une période regroupant différents mouvements, certains à la recherche de sensations visuelles (avec l’impressionnisme, le postimpressionnisme, les naïfs, les nabis, le pointillisme, le fauvisme, le cubisme…), d’autres à la recherche de sens (symbolisme, expressionnisme, surréalisme, futurisme, art nouveau, dadaïsme…)

On assiste aussi au développement de la critique d’art, qui est souvent un discoure engagé sur l’œuvre. Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, les progrès de l’imprimerie des textes et des images ainsi que la liberté de la presse permettent un important développement des journaux et des revues illustrées. Des auteurs comme Baudelaire, Théophile Gautier, Emile Zola, Joris-Karl Huysmans d’essaierons à cet exercice en publiant leurs commentaires dans des journaux. Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour voir apparaître des journalistes spécialisés dans ce domaine. On écrit de plus en plus sur l’art, les artistes eux-mêmes en recours aux manifestes, comme ceux dadaïstes, futuristes, surréalistes.

Les postimpressionnistes, ces pères de la modernité

Paul Cézanne (1839-1906)

Il était un peintre tout d’abord impressionniste, il passa une grande partie de sa vie à Aix-en-Provence où il inventa la peinture du XXe siècle. C’est un peintre autodidacte qui ne suivra pas un cursus aux Beaux-Arts, mais qui voulu apporter structure et construction à la peinture impressionniste. Ayant toujours travaillé en atelier, c’est avec Camille Pissarro qu’il débute la peinture de paysage sur motif, c’est à dire en pleine air, sur le vif. Leur collaboration sera très intense et bénéfique, Cézanne s’imprégnant de la manière impressionniste et confortant Pissarro dans sa volonté d’une composition spatiale plus construite. Eternellement refusé au Salon Officiel, il sera très mal accueilli aux salons des impressionnistes, et cessa toute exposition. Si Cézanne se rapproche d’un des principes fondamentaux de l’impressionnisme, qui consiste à se consacrer totalement sur la vision, il ne veut pas en rester à fixer seulement l' »impression » qui en résulte, mais bien « quelque chose d’aussi solide et durable que l’art des musées ». En 1895, la rétrospective organisée par Ambroise Vollard, jeune marchand d’art de 27 ans, où 150 de ses oeuvres sont exposées, allait marquer un tournant pour Cézanne. Il est alors découvert: par ses anciens amis, qui ignoraient en fait beaucoup de son évolution, mais aussi par de jeunes artistes pour qui il est un point d’ancrage, une référence immédiate. Cézanne plaçait très haut les fins de l’art, voulant produire des tableaux “qui soient un enseignement”. Aussi ceux-ci sont-ils de plus en plus réfléchis au fur et à mesure qu’il vieillit, mûris dans l’introspection d’un artiste qui, cependant, se donnait comme premier maître la nature: “On n’est ni trop scrupuleux, ni trop sincère, ni trop soumis à la nature; mais on est plus ou moins maître de son modèle, et surtout de ses moyens d’expression”, écrivait-il en 1904. Cette tension entre la réalité objective et sa transposition esthétique est au cœur de sa démarche. Ainsi s’explique pourquoi Cézanne a pu être un modèle pour les générations qui l’ont suivi, alors même qu’elles employaient des chemins divers et contradictoires entre eux.

Ses vibrations intenses, sa grande ordonnance géométrique et ses natures mortes représentées sous des angles tous différents feront de lui le grand précurseur du cubisme.

MyArtMakers - Art moderne - Paul Cézanne, La montagne Sainte Victoire, 1902-1904

MyArtMakers – Art moderne – Paul Cézanne, La montagne Sainte Victoire, 1902-1904

« Un conseil, ne copiez pas trop d’après nature, l’art est une abstraction, tirez là de la nature en rêvant devant, et pensez plus à la création qu’au résultat. » Paul Gauguin.

Paul Gauguin

Il est né à Paris en 1848 dans une famille française de la moyenne bourgeoisie. Il était d’ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, et de cette petite enfance en exil en Amérique Latine, il gardera toujours le goût du voyage et de l’exotisme.Il sera lui aussi initier au paysage impressionniste par Camille Pissarro qui lui communiquera le sens de la composition picturale. En 1882, il abandonne son emploie pour se consacrer à son art. Ses revenus chutent aussitôt, et il vivra dans un grand dénuement. En 1886, son séjour en Bretagne et sa rencontre avec Emile Bernard, et s’essaie au cloisonnisme, où les couleurs sont séparées par des cernes marqués. Son style évolue, il devient plus naturel et plus synthétique. Il cherche son inspiration dans l’art indigène, dans les vitraux médiévaux et les estampes japonaises qu’il découvre par Vincent Van Gogh, avec qui il devient ami. En 1891, ruiné, il s’installe à Tahiti où il espère pouvoir fuir la civilisation occidentale et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il soigne tout particulièrement l’expressivité des couleurs, la recherche de la perspective et l’utilisation de formes pleines et volumineuses. Mais des problèmes de santé le gagnent, une blessure à la jambe, une syphillis, si bien qu’il déprime et tente de se suicider. Aux îles Marquises, il déchante en se rendant compte des abus des autorités, et, fatigué de lutter pour les indigènes, il meurt en 1903.

Gauguin incarne la rébellion de la peinture, il cherche à redécouvrir la valeur des symboles et donner une dimension spirituelle à la peinture. Par ses multiples expérimentations, notamment de la couleur, il ouvrira la voie au fauvisme et à l’expressionnisme.

MyArtMakers - Art moderne - Paul Gauguin, D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons nous ? 1897.

MyArtMakers – Art moderne – Paul Gauguin, D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons nous ? 1897.

C’est l’œuvre testamentaire de Paul Gauguin

Vincent Van Gogh (1853-1890)

Après s’être essayé au commerce de l’art selon la tradition familiale et à des études de théologie, devient peintre seulement à 27 ans. Autodidacte et sans le sous, c’est son frère Théo avec qui il est très proche qui lui subviendra tout au long de sa vie. Au début de sa carrière, il peint des paysans défavorisés dont il se veut le porte parole artistique, dans des teintes terreuses et lourdes comme le sol qu’ils labourent. A Paris, où il part vivre avec son frère en 1886, il se lie d’amitié avec de nombreux impressionnistes, lesquels pratiquaient pourtant une peinture d’avant-garde bien différente de la sienne, allant même jusqu’à adopter, au moins provisoirement, certaines de leurs façons. Dans ses autres influences, on compte les estampes japonaises et Pierre Paul Rubens. Il délaisse ses harmonies de gris pour une palette plus colorée. Déjà Georges Seurat et Paul Signac cherchent, avec le divisionnisme, à créer un néo-impressionnisme plus scientifique. Van Gogh, s’intéressant particulièrement à leurs recherches basées sur la division du spectre de la lumière, reprit cette technique, étudiant l’impression optique laissée par de petites touches de couleurs primaires (le rouge, le bleu et le jaune) et complémentaires (le violet, l’orange et le vert).Van Gogh fut aussi sensible au courant du Synthétisme de Gauguin, tendant vers une certaine abstraction et stylisation où les formes des objets sont obtenues à l’aide de zones colorées délimitées avec précision. La plupart des œuvres de cette époque ne portent pas l’empreinte typique de Van Gogh, comme s’il devait poursuivre ses recherches sans essayer d’exprimer ses propres visions et qu’il « n’arriverait à rien avant d’avoir travaillé sur au moins deux cents toiles ».

Fatigué, dépressif, il quitte Paris et ses hivers rigoureux pour le sud de la France, à Arles. Van Gogh travaille avec frénésie, peignant son nouvel univers avec une vivacité de couleurs et une gaieté sans précédent dans sa carrière. Il y peint beaucoup de paysages, mais peu de portraits faute de modèles, c’est pourtant son genre préféré : « c’est quelque chose d’individuel, je m’y sens dans mon élément« . L’arrivée de Gauguin à Arles le 23 octobre 1888 devait encore accélérer la vie de Van Gogh, tout en contribuant à améliorer sa santé. Il était heureux, avant que les deux hommes ne s’opposent sur leur façon de travailler, et ce qu’il devait appeler, « la catastrophe », dans la journée du 23 décembre, qui vit Van Gogh menacer Gauguin avec un rasoir, avant de se mutiler partiellement l’oreille droite. Par la suite, il décida de se faire soigner à l’asile Saint-Rémy, où il fut autorisé à peindre. Ce fut une période très prolifique où il eu un regain d’énergie. Il envoya des toiles à son frère Théo qui les exposa au Salon des indépendants et reçu des retours très positifs de Pissarro et Monet.Mais il s’installa pat la suite à Auvers-sur-Oise où il se tira une balle de revolver dans la poitrine le 27 juillet 1890.

Van Gogh ne chercha pas la beauté ou la perfection mais l’expressivité. Son expérimentation sur la couleur, associée à sa touche vigoureuse, donne comme résultats des contrastes explosifs, qui feront de lui le précurseur de l’expressionnisme.

MyArtMakers - Art moderne - Vincent Van Gogh, Le semeur au soleil levant, 1888

MyArtMakers – Art moderne – Vincent Van Gogh, Le semeur au soleil levant, 1888

Ces trois artistes, peu appréciés de leur vivant, ont eu une influence majeure sur tout l’art du XXe siècle :

Ce sont les pères de l’art moderne.

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Edwige De Poortere

Edwige De Poortere

Edwige est une étudiante de l'ICART Bordeaux où elle étudie le management culturelle et le commerce de l'art. Elle est née et a grandit à Pau, la ville d'Henri IV, mais son pays de coeur est l'Angleterre où elle voyage régulièrement. Elle y a d'ailleurs passé 1 an pour étudier l'art et le design. Passionnée d'art, qui lui permet depuis petite de se perdre et de se retrouver à la fois, elle dessine et écrit des bouts de vie à ses heures perdues.

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