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Art figuratif, le réel imaginatif!

By 11 mars 2016 No Comments

Art figuratif, le réel imaginatif!

L’art figuratif est un style artistique qui se développe en particulier dans la peinture, s’exprimant par la représentation d’objets de la réalité extérieure. L’art figuratif utilise comme modèles des objets du réel, en  représentant ces derniers tels qu’ils se montrent ou parfois en les déformant. Ce style implique donc une attitude particulière de l’artiste pour représenter ce qu’il voit.

Il est souvent pensé en opposition à l’art abstrait, qui lui ne cherche pas à représenter des objets du réel. La mimésis (l’imitation du réel) a longtemps été un élément important de l’art. Néanmoins, cet art induit également une modification des techniques et des procédés pour perfectionner l’idée de réel.

MyArtMakers - Art figuratif - Masaccio, trinité

MyArtMakers – Art figuratif – Masaccio, trinité

La Renaissance, un renouveau de l’art en perspective

La Renaissance annonce un renouveau pour l’art figuratif avec la maîtrise d’une notion artistique majeure : la perspective.

La perspective est l’art de représenter des objets ou des espaces en trois dimensions sur une surface à deux dimensions. Son but est de recréer l’illusion optique de l’espace et du volume en les représentants tels qu’on peut les voir en les observant d’un point donné.

Lorsque l’on dessine en perspective, plus les objets sont éloignés dans l’espace plus ils semblent petits. Les lignes qui sont parallèles dans la réalité convergent vers un point de fuite sur le dessin. À la Renaissance, les artistes commencent à utiliser une perspective dite linéaire ou fuyante. Dans une perspective linéaire, toutes les lignes semblent converger vers un point de fuite (parfois il peut y avoir plusieurs points de fuite)

Il existe une autre forme de perspective dans laquelle les droites parallèles restent parallèles sur le dessin et où les objets semblent vus d’en haut : la perspective cavalière. Il n’y a donc pas de point de fuite. Cette perspective n’est quasiment jamais utilisée dans la peinture occidentale mais est très pratique en architecture.

Au Quattrocento (XVème siècle), l’architecte du Duomo Brunelleschi, peint en  1415 un petit panneau représentant le baptistère de Florence tel qu’on pouvait le voir depuis la porte centrale de la cathédrale, face au baptistère à une trentaine de mètres. On mettait un miroir dans le même axe de vue et on apercevait la représentation du baptistère. En ôtant le miroir on voyait la vue réelle. Brunelleschi venait de représenter une architecture en « perspective », mot à la racine latine signifiant « voir à travers ».

Néanmoins, pour créer l’illusion d’éloignement, la perspective linéaire n’est pas exhaustive .Les artistes de la Renaissance développent peu à peu une nouvelle perspective : La perspective atmosphérique (ou chromatique).

Parmi eux, on retrouve Léonard de Vinci qui fût le premier à mentionner cette notion et à la développer fortement. Le peintre joue avec des dégradés de couleurs et l’estompage  gammes chromatiques. L’artiste peut aussi varier avec les contrastes et la netteté. Les couleurs chaudes s’utilisent en premier plan et les couleurs froides, souvent moins pertinentes suggèrent l’idée d’éloignement.

MyArtMakers - Art figuratif - Cornelis Mahu, Nature morte au verre de Venise

MyArtMakers – Art figuratif – Cornelis Mahu, Nature morte au verre de Venise

Nature morte, donner vie à la représentation

La nature morte se développe en particulier en Flandre au milieu du XVIème siècle. Avant cela, l’expression désignant ce thème était « cose naturali » (choses naturelles) utilisé par l’historien de l’art Vasari.

La nature morte est un ensemble d’éléments inanimés représentés (fruits, bols, fleurs, vases, verres…) ou de cadavres (poissons, crânes, gibiers). Ce style figuratif se développe en particulier dans la peinture.

Cette forme de représentation se développe énormément car c’est un excellent exercice de perfectionnement technique. En effet, la représentation de fruits et d’objets, permet d’appréhender les courbes, les volumes et les textures différents. Aussi, l’objet étant inanimé est beaucoup plus facile à représenter car il ne peut pas se mouvoir comme un modèle vivant.

MyArtMakers - Art figuratif - Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans

MyArtMakers – Art figuratif – Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans

Le réalisme, du quotidien dans le paysage

Au XIXème siècle, Gustave Courbet crée le mouvement réaliste. Ce courant artistique spécifiquement français renie l’idéalisation, les sujets religieux et les thèmes mythologiques.

Le peintre et ses contemporains s’intéressent au quotidiens présentant des thèmes banals (les métiers, les paysages, les événements locaux).

Ils s’inspirent de leur quotidien uniquement en figurant le réel sans ajout d’éléments superficiels ou improbables. Les dimensions et perspectives sont respectées sans écart de proportion entre les différents personnages.

Ce courant est donc au cœur de la représentation du réel en figurant des thèmes concrets. Cependant, techniquement il n’y a pas de recherche d’une touche imitant le vrai mais contact avec la toile libre avec des grands aplats de couleurs et une peinture souvent au couteau.

MyArtMAkers - Art figuratif - Mike Dargas peintures

MyArtMAkers – Art figuratif – Mike Dargas peintures

L’hyperréalisme, une troisième dimension créative

Au court des années 1950-1960, apparait un mouvement au rendu  quasiment photographique : L’hyperréalisme

À la suite de l’expresionnisme abstrait, qui voulait arriver à une forme expressive de l’artiste grâce à la peinture gestuelle (action painting)  en s’appuyant sur le hasard, et donnant des peintures abstraites aux dimensions immenses, et à celle du Pop Art, qui récupérait les images de la publicité et de la société de consumériste, l’hyperréalisme suivit la voie de ce dernier et s’opposa parfois au premier.

L’influence de la photographie dans le mouvement hyperréaliste est également capitale. Les peintures hyperréalistes montrent des scènes de la vie courante, des portraits, des sujets.

Deux hypothèses sont émises par les historiens de l’art :

  • La première selon laquelle ce mouvement est né en réaction à l’art abstrait.
  • La seconde comme quoi l’hyperréalisme est une évolution du Pop Art américain.
MyArtMakers - Art figuratif - Jason de Graaf

MyArtMakers – Art figuratif – Jason de Graaf

L’hyperréalisme consiste à reproduire à l’identique une image par le biais de la peinture, tellement réaliste que le spectateur se questionne pour savoir si la nature de l’œuvre artistique est une peinture ou une photographie.

Les artistes utilisaient des sources diverses telles que des photos de magazines ou des clichés personnelles comme modèles de leurs peintures. Pour reproduire le modèle, les  peintres  projetaient à l’aide d’un rétroprojecteur l’image sur leur toile et peignaient ensuite en fonction de ce qu’ils voyaient. Ils pouvaient également reproduire la photographie sur un grand format et peindre par-dessus.

Les peintres hyperréalistes recherchent la neutralité, ils n’ont pas pour but de dénoncer quoi que ce soit, ils montrent le monde de manière objective, en font le simple constat. Ce mouvement à donc un but d’expérimentation technique et esthétique plutôt que le besoin d’exprimer un message.

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Octave Fournel

Octave Fournel

Octave Fournel est né à Saint-Etienne, la ville du design. Il s'intéresse très tôt au dessin et à l'écriture (Prix national du Carnet de voyage 2013) dans une famille où l'art est une passion et un métier. Etudiant à l'ICART, il se fascine pour la création artistique et son marché. Pour lui l'art n'est pas seulement une expression artistique mais le reflet d'une personnalité et d'une époque.

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