7 Art asiatique / Art chinois, ce qu'il faut savoir! | LE MAG D'ARTIDAY
ArticlesMouvements artistiquesMouvements et Techniques

Art asiatique / Art chinois, ce qu’il faut savoir!

By 8 décembre 2015 décembre 14th, 2015 2 Comments

Art asiatique, Art chinois en quelques mots!

L’art asiatique est certainement un des plus vastes de l’histoire, de part son ancienneté mais également par les différentes cultures qu’il implique. Le terme d’art « chinois » apparait durant l’époque moderne pour définir les différentes formes d’art pratiquées en Chine depuis le début de l’histoire de ce pays.

MyArtMakers - Art asiatique - Zhangxiaogang, Big family

MyArtMakers – Art asiatique – Zhangxiaogang, Big family

Dès la Préhistoire et l’Antiquité on décèle des caractéristiques spécifiques à la Chine. Effectivement, des terres très riches en roches sédimentaires permettent la création d’une céramique chinois innovante destinée à la création d’objets du quotidien ou funéraires.

La Chine dispose également d’immenses gisements de minéraux entrant dans la composition de l’alliage du bronze notamment. Ainsi le pays a produit des quantités impressionnantes de bronzes, symbolisant le pouvoir, ayant fait l’objet d’une recherche artistique et technique très sophistiquée. La musique chinoise a été d’abord une musique rituelle qui utilisait des instruments en bronze (vers 500 avant J-C.).

C’est en Chine que se développe la calligraphie, grâce à une écriture très rigoureuse faite d’idéogrammes.

Les céramistes chinois se distinguèrent par des créations en céladon et en porcelaine utilisés à la cour et commercialisés par la suite.

La céramique chinoise

Sous le terme général de « céramique » on retrouve à la fois la terre cuite, le grès et la porcelaine. Ces matières sont souvent recouvertes par des glaçures ou des émaux. La céramique chinoise fait l’objet de cuisson (température, chauffée en oxydation ou en réduction). Toutes les étapes de fabrication jouent un rôle différent pour le résultat final de la pièce.  Pour la réalisation de la céramique chinoise des éléments ressortent régulièrement tels que le sable, le quartz, l’argile ou le kaolin. Suivant la température de cuisson on indiquera que le corps des céramiques est formé de terre cuite, d’argile ou de porcelaine. La céramique chinoise est surtout connue pour la porcelaine qui fut inventée dans ce pays. Celle-ci est riche d’innovations techniques et stylistiques.

La poterie est un art extrêmement ancien. Elle apparait entre 17000 et 16000 avant notre ère en Asie. La culture néolithique Yangshao (vers 4000 avant J.-C.), a longtemps été considérée comme la première à fournir un grand nombre de poteries qualitatives. Cependant, depuis le XXème siècle nombre de sites à céramiques ont fait leur apparition dans toute la Chine, notamment avec les cultures Cishan et Peiligang.

MyArtMakers - Art asiatique - Rare jarre à figures anthropomorphes Yangshao

MyArtMakers – Art asiatique – Rare jarre à figures anthropomorphes Yangshao

Au cours du néolithique chinois, les couleurs utilisées pour les céramiques peintes sont le rouge, le blanc, le brun e le noir. A cette époque le jaune reste exceptionnel. La céramique connait un fort développement en termes de décors et de techniques sous les dynasties des Shang et des Zhou. Ces mêmes dynasties connaissent le développement d’un véritable art funéraire (armées enterrées de Qin Shi Huangdi, représentations de bâtiments, de figurines).

Sous la dynastie mongole des Yuan on voit apparaitre les fameux vases « bleus et blanc », qui se développeront sous les Ming puis les Qing. Sous cette même dynastie on constate l’accroissement des porcelaines « roses » et « vertes ». La glaçure enrobe la poterie et la rend imperméable. Cette matière vitreuse est obtenue avec un mélange de silice et de plomb. La glaçure peut-être colorée grâce à des oxydes métalliques (oxyde de cuivre donnant du vert, du bleu turquoise voir du rouge, le colbalt donnant du bleu, l’or produisant la couleur rose, le titane permettant d’obtenir du jaune, le manganèse donnant du violet). La couverte est aussi classée dans la catégorie des matières vitreuses. Elle sert à enrober des grès et des porcelaines. Elle est constituée de feldspath associé à des cendres de végétaux. L’émail quant à lui est un enduit vitreux qui s’applique sur la céramique (mais aussi le métal). En Chine, il est très concentré en plomb, ce qui favorise sa fluidité.

Durant le Moyen Age chinois, les céramistes sous les Tang maîtrisent à la perfection les effets de matières et la technique des trois couleurs (brun, jaune, vert) dans la première moitié du VIIème siècle. Sous les Tang, de nombreuses céramiques sont vendus au Moyen-Orient. Les orientaux friands de motif à couleur bleue, les céramistes chinois développent ce style.

Les Song

Dès la seconde moitié du VIIIème siècle, la céramique chinoise connait une évolution dans la technique du grès à la couverte aux tons verts clairs. Ce type de céramique sera nommé bien plus tard en Occident : « céladon ». Cette matière et couleur est chargée de qualités culturelles. Les pièces en céladon sont destinées premièrement pour les aristocrates et les lettrés. Le céladon bénéficie d’un succès fulgurant et devient l’objet de toutes les attentions même par un des empereurs de la dynastie Song, qui favorisa la fabrication de céladons de type Ru.

MyArtMakers - Art asiatique - Céladons exemple

MyArtMakers – Art asiatique – Céladons exemple

Sous la dynastie des Song, les pièces sont souvent ornées d’élégants motifs évoquant la vie, les représentations de pivoines font leur retour ainsi que celles du bambou. Les productions sont recouvertes de barbotine et d’oxyde de fer.

La céramique Yuan

La dynastie mongole des Yuan, héritière de Gengis Khan, gouverna sur la Chine de 1271 à 1368. Malgré un règne rigide et impartial, la dynastie des Yuan encourage l’épanouissement artistique et le développement économique (c’est à cette époque que Marco Polo séjourna à la cour de Kubilaï Khan). Les céramiques de cette époque favorisent les images de la faune (cerfs, poissons, rhinocéros) mais également des éléments de la nature. C’est sous cette célèbre dynastie qu’apparaissent les vases « bleu et blanc » très fantaisistes qui contrastent avec les céramiques épurés et structurés Song. Les décors reprennent les grands mythes avec l’apparition de dragons ou phénix. Souvent de formes octogonales (au niveau du corps du vase, de son couvercle, de sa base ou les trois) les céramistes adoptent un design tout à fait innovant pour l’époque. Sous les Yuan, les fours de Jingdezhen perfectionnent la qualité de la production et s’éloignent du style classique des dynasties précédentes pour s’intéresser à l’art arabe, concevant des décors de plus en plus exubérants.

La céramique Ming

Sous les Ming (1368-1644), les céramiques « blanc de Chine », la poterie de terre rougeâtre volontairement non vernie se développent. Cette dynastie est considérée comme l’âge d’or de la porcelaine « bleu et blanc ». A cette époque, on découvre de nombreuses réserves de cobalt en Chine permettant la création du pigment bleuté, jusque là importé du Moyen-Orient. A cette époque, une soixantaine de fours étaient réservés à la cour impériale, permettant une production considérable. A cette période, l’exportation de porcelaines d’art s’intensifia notamment en Iran, en Turquie, en Indonésie, au Japon et dans toute l’Europe. Le « blanc de Chine » permet de nombreuses innovations techniques. La couverte peut désormais comprendre un « décor secret » qui n’est visible que par transparence.

La céramique Qing

La dynastie Qing (1644-1911) fût l’une des plus exigeantes en termes de développement artistique. Les décors se firent de plus en plus élaborés, encouragés par de grands empereurs tels que Kangxi ou Qianlong. Ce dernier définissait les motifs qu’il désirait et réprimandait tous les travaux qu’il jugeait trop médiocre. Sous son règne, la production atteignit plus de 10 000 pièces par an pour la cour. Les styles devinrent excessivement variés. L’exportation vers l’Europe augmenta davantage, entrainant l’apparition de formes et de porcelaines de Canton  (à partir du XVIIème), faite de pièces aux nombreuses couleurs. La production d’accessoires caractérise également cette période.

On notre par exemple l’apparition d’accessoires tels que des portes-pinceaux. Les thèmes représentés sont souvent des motifs floraux, des scènes provenant de romans célèbres ou encore des oiseaux sur des branches de merisiers. Les thèmes classiques tels que les « Huit Symboles bouddhistes » persistent. Les porcelaines polychromées évoluent. Les Ming avaient déjà lancé la production de porcelaines comprenant de nombreuses couleurs. Mais sous les Qing, la famille « verte » apparait.

Les ivoires chinois

La production des ivoires en Chine s’étend sur plus de trois millénaires. Ils peuvent se répartir en catégories distinctes en lien à leur époque, leur destination et la disposition de matière première (défense d’éléphant). Sous les dynasties des Shang et des Zhou, les éléphants étaient répartis dans le Nord et le centre de la Chine. L’ivoire, élément précieux était réservé à des objets rituels ou cérémoniels à destination du roi ou de la noblesse.

Au début de notre ère, et durant les siècles suivants, l’éléphant subsiste uniquement en Chine du Sud et l’ivoire semble avoir été importé occasionnellement de pays voisins (Inde et Asie du Sud-est). Les pièces connues de cette époque sont rares et difficiles à dater. En revanche, à partir des Yuan et des Ming, la production devient de plus en plus abondante et variée. Un commerce maritime intense répand l’ivoire asiatique et africain en Chine.

Début XVIIème, apparait une importante fabrication à destination de l’export vers l’Europe.  Cette même exportation durera jusqu’aux temps modernes.

Les pièces d’ivoire se travaillent à l’aide d’outils métalliques, dans le sens du grain pour éviter les fissures et les éclats de la matière. De nature tendre, l’ivoire permet un rendu à la fois réaliste et minutieux des détails. Avec le temps, il prend une patine plus terne et brillante. Sa résistance au temps et la douceur qu’il procure au toucher après son polissage en ont fait un matériau fortement apprécié des lettrés chinois.

La taille est l’ouvrage des artisans groupés en diverses corporations, qui ne signent leurs œuvres que très rarement. Néanmoins, de nombreuses pièces sont datées et comportent un poème gravé. Les ivoires peuvent être finement incisés, sculptés, incrustés de matières (nacre, pierres précieuses ou semi-précieuses). On retrouve à certaines époques des rehauts de couleurs, laqués ou dorés à la feuille.

Le paroxysme du travail de l’ivoire chinois : La Boule de Canton

MyArtMakers - Art asiatique - Boule de Canton en ivoire sculpté

MyArtMakers – Art asiatique – Boule de Canton en ivoire sculpté

La Boule de Canton nommée également « Boule casse-tête chinois » ou « boule chinoise » fascine le  plus souvent par son étrangeté. En effet ce chef-d’œuvre esthétique à la fois précis et complexe est surprenant. C’est sous les dynasties des Ming et des Qing que sa production a connu son apogée.

La conception des boules de Canton obéit à trois règles extrêmement rigoureuses évoquant la perfection créative. La première est nommée YA (le « raffinement »), SI (l’ « extrême délicatesse ») et FAN (la « complexité élaborée »). De par son travail fastidieux et précis, de nombreux plans indispensables doivent être mis en places pour sa réalisation quasiment uniquement manuelle.

Même s’il s’avère difficile de cerner toutes la conception des Boules de Canton,  certains aspects semblent communs à chacun de ces objets d’art. En effet, ils sont tous composés de plusieurs sphères imbriquées et séparées les unes par rapport aux autres, de manière à ce que chaque sphère interne puisse se déplacer librement l’une de l’autre.

Les tailles sont différentes et peuvent aller de 4 à 36 couches. Généralement, on trouve environ 7 sphères pour une pièce traditionnelle. Il existe de très nombreux motifs. Les boules possédant 8, 10 et 12 couchent sont ornées d’un motif de dragon. Les boules de 16 et 18 couches sont communément décorées avec des motifs d’oiseaux, parfois de phénix. On retrouve souvent des motifs de lotus ou de nuages pour ornementer l’objet dont la sphère externe est beaucoup plus soignée que les sphères mobiles (plus fines).

Les Boules de Canton on une signification très forte dans la culture chinoise. Pour les anciens, les vertus conférées é ces objets étaient la formation d’une unité familiale. Les matériaux pour la conception de ces objets n’étaient pas choisis au hasard. En effet, il choisissait souvent d’ivoire, de stéatite ou encore de jade. Pour les érudits chinois, le nombre de couches avaient  une symbolique très particulière. Le nombre de couches serait significatif. Pour eux, quatre couches représenterait les éléments naturels de la planète (l’eau, l’air, la terre, le feu). D’autres croyances évoquent les quatre points cardinaux… On peut donc dire que les interprétations sont nombreuses et diversifiées.

La calligraphie

MyArtMakers - Art asiatique - Wang Xizhi, exemple de calligraphie

MyArtMakers – Art asiatique – Wang Xizhi, exemple de calligraphie

Les inscriptions oraculaires de la dynastie Shang sont les traces d’écritures chinois les plus anciennes retrouvées. Ces caractères étaient tout d’abord tracés au pinceau puis gravés sur l’os. Ces mêmes caractères étaient déjà pictographiques ou idéographiques. Ces derniers étaient déjà formés  de combinaisons abstraites.

Sous les Zhou (XIIème-IIIème s. avant J.-C.) apparaissent sur les bronzes rituels des inscriptions en grands caractères. Sous les Qin cette calligraphie fût simplifiée. Il y a donc dors et déjà une idée d’évolution de l’écriture et de synthétisation.

C’est une modification majeure entre le IIIème et Ier s. avant J.-C. qui marque un tournant décisif dans l’histoire de la calligraphie chinoise : une écriture nouvelle. Celle-ci devient plus facile à tracer et plus adaptée aux ressources du pinceau. Les caractères angulaires permettent des traits modulés qui sont toujours utilisés de nos jours.

Dès la fin des Han, les artistes usent de la puissance d’évocation de caractères à des fins purement esthétiques. La calligraphie, dégagée de son rôle utilitaire, devint un art à part entière, visant à une création individuelle spontanée.

Au IVème siècle apparaissent des grands maitres de la calligraphie tels que Wang Xizhi et son fils Wang Xianzhi qui donnèrent à la calligraphie sa forme définitive. Leur style si singulier et gracieux reste pour la postérité un modèle inégalé.

Au VIIIème siècle des artistes comme Zhang Xu élaborent un style personnel très libre et bien loin des conventions passées.

Les matériaux utilisés par les calligraphes sont la pierre à l’encre, l’encre, le pinceau, le papier et la soie. L’encre est séchée sous forme de bâtonnets. Elle est faite de noir de fumée associé  à de la colle animale. Frottée avec de l’eau sur une pierre (qui sert d’encrier), elle permet l’obtention de différentes valeurs de noirs et de gris. Les pinceaux se composent de poils de chèvre montés sur une tige de bambou. Au fil des siècles de multiples recettes furent utilisées afin d’obtenir le degré de souplesse et de fermeté voulu.

A l’inverse de la technique occidentale, le pinceau chinois est tenu verticalement. La vigueur du trait dépend de la maitrise du poignet qui transmet l’énergie à l’artiste. Le pinceau est donc plus ou  moins appuyé, étalant l’encre épaisse ou diluée et offrant un nombre de variations infinies. La qualité du support joue vis-à-vis de l’absorption. La soie ou le papier nécessitent une exécution rapide, sans repentirs possibles dans la composition stylistique.

La peinture chinoise

MyArtMakers - Art asiatique - Peinture sur rouleau chinois

MyArtMakers – Art asiatique – Peinture sur rouleau chinois

La peinture chinoise se présente sous forme de rouleaux horizontaux ou verticaux. Le rouleau horizontal ajoute à la notion d’espace une dimension temporelle. L’œil progresse au fur et à mesure que les scènes se déroulent (de droite à gauche). Celui-ci crée un rythme marqué par des pleins et des vides, des tons clairs et des aplats de couleur plus foncés. Le rouleau vertical (que l’on suspend) favorise les compositions en hauteur. Les plans se succèdent du bas vers le haut, évoquant le proche et le lointain.

C’est durant la seconde moitié du XVIIème siècle sur les virtualités de l’encre pour que la peinture se détourne de ses origines artisanales et de ses représentations figuratives. Le paysage à l’encre monochrome devient alors une catégorie à part entière. Cette discipline est privilégiée par l’élite intellectuelle et sociale. Ce style est moins précis et fait davantage appel à la sensibilité artistique du peintre.

Le bouddhisme chan, fortement lié à la mystique taoïste, contribua fortement à l’épanouissement de l’art du paysage. Cette religion très liée à la philosophie s’intéresse à la méditation et au détachement entre le peintre et la nature.  Petit à petit, la peinture dite des « lettrés » s’impose dans le monde de l’art chinois. L’artiste ne cherche plus à copier l’univers mais à découvrir le rythme interne qui anime les objets.

La peinture chinoise cherche à exprimer les sentiments intérieurs et la personnalité. A partir des Yuan, le poème et la calligraphie apposée sur la peinture comptent autant que le lavis d’encre. La peinture s’enrichit au contact des grandes œuvres du passé et revit librement l’expérience des maîtres.

L’architecture chinoise

MyArtMakers - Art asiatique - Exemple de Siheyuan

MyArtMakers – Art asiatique – Exemple de Siheyuan

L’architecture en Chine a conservé jusqu’à la fin du XIXème siècle des prescriptions cosmologiques anciennes (l’orientation, la pureté géométrique des formes, la symétrie nord-sud). Ces données de base valent pour la ville, le palais, le temple ou l’habitation privée, dont le site est déterminé avec soins. Les plans architecturaux se basent sur un schéma simple, capable d’exercer de multiples combinaisons. La cour est fermée sur ses quatre côtés par des bâtiments. La progression rythmée des ensembles de bâtiments jouent sur les pleins et les vides. Les structures des édifices chinois sont traditionnellement en bois. Les colonnes ont le seul rôle de soutien tandis que les murs servent de protection.

Sous les Tang et les Song, un procédé élaboré connait un franc succès supportant les poutres de la charpente et les bords du toit en saillie. Ce type de toiture est très développé et varié sur le plan des formes qui caractérise les constructions chinoises. Ces dernières se superposent de manière décroissante jusqu’à la hauteur désirée. Le toit est recouvert de tuiles alternativement concaves puis convexes. Elles sont vernissées de pigments bleus, jaunes ou verts pour les demeures importantes, donnant des couleurs éclatantes à la structure.

La maison traditionnelle dont la création de base est fixé aux environs du Ier siècle, comprend une succession de cours sur lesquelles s’ouvrent des constructions aux fonctions determinées au préalable (appartement privés, chambres, cuisines, salles de réceptions). L’entrée côté face et côté sud est protégée par un mur écran interdisant l’accès de la maison aux mauvais esprits. De même, la forme des toits est courbée sur les bords pour faire « glisser » les esprits malfaisants en dehors de la maison.  On retrouve de nombreuses terres cuites funéraires datant des Han qui donnent de nombreux exemples de maisons rurales dont les bâtiments comportent généralement un ou plusieurs étages. Cette tendance à construire de manière élevée se perpétue surtout au centre et au Sud du pays. Dans le Nord, les maisons sont le plus souvent de plain-pied. Dans certaines demeures prestigieuses, on peut trouver un jardin d’agrément abritant des pavillons et des pièces d’eau. Le jardin tient une part essentielle dans l’architecture chinoise. Le terme  « shanshui » littéralement « montagne et eau » est à la base de tous les jardins. Les artistes paysagistes cherchent à recréer la nature et ses éléments à plus petite échelle. Le jardin reconstitue spirituellement une excursion dans un environnement crée. La vision d’une montagne tout entière est transposée dans des roches et pierres aux formes insolites, surtout à l’époque Song. L’association de plantations et bâtiments suscitent des jeux de couleurs. Tout cela crée un jardin destiné à la flânerie inspirant fantaisie et découverte.

La maçonnerie et la pierre étaient réservées aux travaux publics, aux terrasses, à certaines pagodes et aux sépultures. Vers le IIIème s. avant J.-C., la construction d’une chambre funéraire liée à l’emploi de la brique remplace la fosse verticale en usage dès l’époque Shang. Cette chambre souterraine est très souvent voûtée et surmontée d’un tumulus auquel on accède par une allée. Ce couloir est tracé sur l’axe médian et orienté de la tombe, est bordée d’une double rangée de statues, de colonnes et de stèles. Dans les sanctuaires impériaux, des portiques d’honneur comportant trois à cinq ouvertures sont élevés à l’entrée du champ mortuaire. Les caveaux monumentaux des empereurs Ming, à Nankin et à Pékin, marquent le paroxysme de ce genre de sépulture. L’allée s’étend, les statues et les détails ornementaux se multiplient, l’architecture et ses formes se complexifient, mais le schéma de départ reste le même.

Les sculptures Bouddhiques

Importé d’Inde, le bouddhisme du Mahayana se diffuse dans l’Empire Chinois dès le milieu du IIème s. après J.-C. C’est au Gansu à l’Ouest du pays là où se terminent les routes de l’Asie Centrale, les premiers centres religieux dès le IVème s. à Dunhuang, puis au Vème s. à Binglingsi. Dans ce dernier site on retrouve plus de 420 sculptures rupestres.

En terre modelée et séchée, cette forme de statuaire suit, avec des différences locales, une évolution générale de la sculpture sur pierre. Pour ces deux techniques, la période la plus florissante est située entre le Vème et le VIIIème s. Cependant, dès la fin des Tang, la sculpture connait une longue décadence.

Les principaux vestiges comprennent les sculptures en argile et en pierre provenant des grottes bouddhiques (Ouest et Nord du pays). Les stèles votives (dans tout l’empire), des statues en bronze doré à la feuille, puis plus tard en pierre, qui étaient vénérées dans les temples et sur les autels domestiques.

A partir de 460, les Wei du Nord font creuser dans le gès tendre les premiers sanctuaires de Yungang au Shanxi. Les liens avec les créations de l’Ouest est encore ancré et l’on voit apparaitre de grands Bouddhas dans des grottes. Le premier est debout avec son écharpe aux plis arrondis et voluptueux. Le second se rapproche de l’école indienne de Mathura. Néanmoins, une stylisation typiquement chinoise s’élabore petit à petit à partir des canons indiens. Le vêtement devient plus lourd se terminant en pointes. Le sujet est également rigoureusement symétrique. Les visages rigides et robustes avec un front large sont peu expressifs et élégants.

Dans les grottes de Longmen, creusées vers 494, la tendance à la spiritualité s’affirme. Le corps allongé du Bouddha disparait peut à peu au profit de grands manteaux aux formes cylindriques. Le visage devient plus mince et étroit. La bouche est de plus en plus réduite et retroussée avec un sourire mystique et intriguant, caractérisant les Wei du Nord.

MyArtMakers - Art asiatique - Grottes de Longmen

MyArtMakers – Art asiatique – Grottes de Longmen

A cette période, l’art bouddhique est complètement fondu dans une tradition stylistique héritée des Han. Le rythme est linéaire. On retrouve sur les sculptures en bronze doré à la feuille des plis aigus et des draperies avec des ciselures. A la fin des Wei du Nord, les grottes de Gongxian sont creusées (au Henan). Les sculptures, taillées avec simplicité et vigueur dans la pierre révèlent une sensibilité artistique différentes et plus gracieuse que celle des Longmen.

Dès 535, une réaction contre le style des Wei du Nord vise à traduire le modelé pour donner au Bouddha un aspect humanisé. Cette tendance s’épanouit dans les sculptures pariétales de Tianlongshan (Shanxi). Les visages prennent une apparence plus ronde et un léger mouvement marque une rupture avec la rigidité absolue de l’attitude. Les vêtements gagnent en souplesse, laissant deviner les contours du corps. Les statues, toujours frontales commencent à se détacher du fond sur lequel elles étaient plaquées, créant un relief nouveau. Une recherche stylistique chez les Sui se développe. On constate la quête d’un certain réalisme bien que l’image du Bouddha reste robuste et encore un peu synthétique.

Sous les Tang, (période de 627 à 712) correspond à une production intense et de grande qualité. Longmen s’enrichit avec de nouvelles sculptures à cette période.

Dans l’ensemble du Fengxiansi (jusqu’en 676), le Bouddha colossal au visage épais reflète la sérénité majestueuse de l’art impérial chinois.

Le type des bodhisattvas crée à cette époque restera à la mode jusqu’au XIVème s. et même plus tard. Les colliers et l’écharpe deviennent plus amples et long, traduisant une volupté nouvelle. Une haute coiffe et la taille affiné du sujet donne un aspect féminin, presque androgyne au sujet.

L’intérêt uniquement spirituel de la statuaire du début du VIème s. disparait peu à peu au profit de recherches plastiques de mouvement et de volume. Le réalisme est de plus en plus poignant. Les visages sont davantage expressifs et l’anatomie est strictement étudiée. Vers 700-740, la sculpture rupestre atteint une extrême finesse. A partir du milieu du VIIIème s., les formes s’empâtent progressivement. La sculpture bouddhique devient conventionnelle et perd son sens religieux premier.

Le bronze chinois

La métallurgie du bronze fait son apparition en Chine vers -2000 av. J.-C. D’après certaines découvertes, notamment de moules très anciens servant à la fonte directe du métal, on peut penser que cette technique fut inventée en Chine. A la fin de la dynastie Shang, le bronze demeure encore un matériau rare et prestigieux.

De ce fait, il est réservé aux souverains et aux cultes religieux. Les vases de rituels prennent de nombreuses formes, adaptés à leurs usages. Certains étaient destinés à la présentation des aliments (vases tripode, coupes à couvercle). D’autres servaient au vin du sacrifice les « zun » ronds ou carrés. Les « gu » étaient de longs calices, les « hu » des bouteilles, les « guang » des verseuses avec un couvercle orné d’une tête animale. On retrouve certaines pièces aux formes zoomorphes.

A Zhengzhou, le décor des bronzes se restreint à des motifs géométriques tels que des triangles, des spirales ou encore des cercles concentriques. On retrouve aussi des masques animaliers simples avec un léger relief.

MyArtMakers - Art asiatique - Zhengzhou, Fang Ding Bronze Vessel

MyArtMakers – Art asiatique – Zhengzhou, Fang Ding Bronze Vessel

Les motifs géométriques, se combinent infiniment sur les vases d’Anyang, aux proportions harmonieuses et à la fonte régulière. Les formes animales, incisées ou en relief voir en ronde-bosse, se détachent sur un fond gravé de spirales disposées en registres ou couvrant toute la surface. Le motif le plus caractéristique est le masque aux yeux disproportionnés, dépourvu de mâchoire inférieur et portant des cornes de démons, auquel s’associe une faune symbolique (dragons, poissons, oiseaux, tortues, cigales, serpents, vers à soie).

La signification de ce décor reste assez mystérieuse. Le goût des Shang pour la chasse a peut-être inspiré les thèmes animaliers. Il est probable que certains vases soient liés à la représentation d’esprits mythologiques de la terre, élément primordial dans la culture des Shang.

L’Art Contemporain chinois

Si l’art chinois a suivit ses traditions antiques jusqu’à l’aube du XXème siècle, ce dernier marque des changements radicaux culturellement mais aussi artistiquement. Une rupture totale s’effectue et on voit peu à peu apparaitre un art moderne puis contemporain propre au pays. En pleine révolution culturelle, dès 1973, un groupe de jeunes artistes suiveurs du peintre Zhao Wenlian, se consacrèrent à des scènes observées dans la nature, d’inspiration romantique et impressionniste. Ils nommeront plus tard leur groupe No Name Painting Society (« Société de peinture sans nom ») et eurent leur première exposition en 1979. A la fin de la révolution culturelle on assiste à un souffle nouveau de liberté dans l’art chinois, remettant en question la doctrine maoïste.

Le Groupe des Etoiles en 1979 affronta les autorités du pays. Groupe d’artistes amateurs, ils installèrent leur exposition en pleine rue, à côté du bâtiment des expositions artistiques.

La sculpture de Wang Keping, Silence, (1979), expose clairement le contexte de l’époque. Elle utilise le départ de branches sur un tronc afin d’évoquer un visage aux yeux immenses. L’un est taillé et poli tandis que l’autre porte un « pansement ». Le visage semble étouffer. L’exposition est rapidement interdite. Cependant, les exposants protestent et organisent une manifestation le 1er Octobre lors du 30ème anniversaire de la République populaire.

MyArtMakers - Art asiatiaque - Wang Keping, Silence, 1979

MyArtMakers – Art asiatiaque – Wang Keping, Silence, 1979

Les années 1980 en Chine vont être marquées par une forte mobilisation politique des artistes chinois d’avant-garde. Ce mouvement d’artistes engagées ammorcera la Nouvelle Vague Chinoise (1985-1986). A la 6ème exposition nationale des beaux-arts de Pékin en mai 1985, de jeunes artistes chinois progressistes tels que Meng Luding et Zhang Qun revisitent Salvador Dali ou encore  le nu naturaliste étranger à la culture chinoise.

Vers les années 1980, toute information sur les mouvements occidentaux considérés comme « décadents » est interdite. Des artistes comme Wang Du font partie d’une nouvelle génération d’artistes qui veulent être beaucoup plus informés et souhaitent connaitre un succès international, et prit contact avec des médiateurs français à la fin des années 1980.

En 1989, « l’Exposition d’art moderne chinois » fut d’une grande ampleur. La fin de l’Avant-garde est marquée par les manifestations de Tian’anmen entre avril et juin 1989. Au cours de cette décennie, des milliers d’artistes chinois émigrent comme Yan Pei-Ming, Chen Zhzn, Ma Desheng ou encore Wang Du.

Il faut attendre 1992 pour qu’une exposition s’affiche comme relevant de « l’art contemporain ». Ce n’est que vers 1994 que les termes « art contemporain » et « art expérimental » deviennent systématiquement employés et que le nouvel art chinois apparait aux yeux de l’Occident comme une partie de l’art contemporain international.

Les artistes qui sont restés sur le territoire chinois, les opportunités et les expositions à l’étranger se multiplient et le marché occidental de l’art contemporain chinois se développe. Cependant, il se crée un conflit générationnel entre les artistes chinois restés sur le territoire et ceux qui ont préféré partir. Ces derniers, revenus chez eux avaient tendance à contourner les interdictions. Ceci justifia des expositions alternatives, programmés pour le monde l’art expérimental chinois qui commençait à se constituer.

A la fin des années 1990 jusqu’en 2000, un débat surgit avec la question de l’usage du corps humain dans l’art, en réaction à une série d’expositions non officielles. Elles apparurent dans un contexte très spécifique du monde chinois. En effet cette période tend à « légaliser » l’art contemporain et en prétendant rapprocher ce dernier du « public », de le « populariser » et de lui retirer tout pouvoir de création expérimentale.

MyArtMakers - Art asiatique - Yan Pei-Ming, Mao

MyArtMakers – Art asiatique – Yan Pei-Ming, Mao

De nos jours, l’art contemporain chinois tient une place indéniable et indispensable dans le marché de l’art internationale. L’art chinois à toujours pris son inspiration chez les autres cultures et vice versa. Néanmoins, ancré pendant des millénaires dans la tradition, l’art chinois avec les nombreuses ruptures qu’il a connu au XXème siècle tend à s’éloigner de sa culture ancestrale et se dirige vers des créations plus personnelles, ironiques parfois satyriques qui marquent les chocs politiques subit par la peuple chinois.

Octave Fournel

Octave Fournel

Octave Fournel est né à Saint-Etienne, la ville du design. Il s'intéresse très tôt au dessin et à l'écriture (Prix national du Carnet de voyage 2013) dans une famille où l'art est une passion et un métier. Etudiant à l'ICART, il se fascine pour la création artistique et son marché. Pour lui l'art n'est pas seulement une expression artistique mais le reflet d'une personnalité et d'une époque.

2 Comments

  • art chinois dit :

    Un super article faisant un bon récapitulatif de l’art chinois et de l’art asiatique en général. Il existe de nombreuses formes d’art en Chine, et les principales ont été abordées dans cet article. Merci a l’auteur pour toutes ces informations!

Leave a Reply